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Haies Vives, n°1

Par | 2018-05-25T03:28:51+00:00 4 novembre 2013|Catégories : Blog|

Une nou­velle revue de poé­sie vient de naitre, Haies Vives,  emme­née par Sébastien Robert, qui signe le mot d'introduction inti­tu­lé "La poé­sie et son Lieu". Cet inci­pit, presque pro­gram­ma­tique, donne le ton au pro­jet de cette revue : "la poé­sie ne dit pas les choses. On trouve tou­jours beau­coup de pau­vre­té à par­cou­rir une syn­taxe néces­saire dont les mots sont utiles à l'expression. Nous vou­lons dire que la poé­sie ne doit jamais être moti­vée par la volon­té de dire, c'est-à-dire rendre la rudesse et la résis­tance des objets, la com­plexi­té et la forme même de nos idées." Serions-nous proche ici d'une pen­sée phi­lo­so­phique, aux accoin­tances japo­ni­santes, faite de sug­ges­tions et d'impressions ? Sébastien Robert pour­suit : "le poème ne s'abandonne pas au son : s'il a par­fois dis­pa­ru dans la page, en faire cla­quer les consonnes et réson­ner les voyelles l'éloignera de sa nature même. L'intimité se cherche et ne se livre pas : les mots, farouches, se replient au secret". Se ris­quant alors à une défi­ni­tion : "Poétiser n'est ni plus ni moins que les (les choses et les idées) cou­per de leurs racines maté­rielles ou idéelles, pour qu'elles deviennent des choses poé­tiques". Et de conclure : "la poé­sie vaut tou­jours davan­tage que l'objet sur lequel elle écrit car elle le trans­forme. Et les hommes ne parlent jamais du réel mais ils dis­cutent tou­jours sa valeur : écrire un poème n'est jamais un acte réa­liste, ni sur-réa­liste, mais la célé­bra­tion de leur entre­lacs pour le monde".

Voilà donc un homme, Sébastien Robert, et un outil, Haies Vives, qui se col­lètent avec la pen­sée de la poé­sie. Exercice dif­fi­cile mais ô com­bien salu­taire lorsqu'on lance une revue avec la pas­sion au ventre : pen­ser, tra­vailler, oppo­ser au Superficiel d'aujourd'hui la matière spi­ri­tuelle du Poème. Construire, donc.

S'ensuivent huit poètes, Bernard Grasset, Jacques Ceaux, Eric Dubois, Patrice Goré, Rodrigue Lavallé, Nicole Laval-Turpin, Sébastien Robert et Anélia Véléva, syn­thé­ti­que­ment pré­sen­tés dans leur par­cours poé­tique avant de lais­ser libre place à leurs poèmes tirés de leur voyage biblio­gra­phique. 

Plusieurs de ces poètes ont été à l'honneur dans Recours au Poème et nous avons plai­sir à retrou­ver leur tes­si­ture, comme Rodrigue Lavallé :

 

 

Tes seins posés sur la ter­rasse
ont des mys­tères d'évangile
des ron­deurs de vil­lages
aux clo­chers poin­tant
comme une aube
trans­gresse
la nuit
 

 

 D'autres sont des décou­vertes, comme les beaux poèmes de Sébastien Robert :
 

 

Petite et jetée,
La terre
N'avait pas recou­vert
Le drap de toile
Et de pluie :
 

On ne vit plus, pâles,
Tes mains jointes au matin.
 

Voici qu'elles se donnent,
Relevées de pré­sence
Et vou­lues main­te­nant.
 

 

Au sor­tir de cette revue sobre et effi­cace, lais­sant toute sa place à la poé­sie, Recours au Poème entend sou­hai­ter longue route à Haies Vives. D'explications sur le choix du nom de la revue, le lec­teur n'aura pas. Ses propres rêves et médi­ta­tions pro­lon­ge­ront la séman­tique du titre. Quant à savoir si le pro­jet de la revue entend épais­sir le nombre de poètes invi­tés à l'avenir, nous le sau­rons au pro­chain numé­ro.

Haies Vives, n°1, sep­tembre 2013, 38 pages, 10 euros

30 Clos des Bordes

45450 Donnery

haiesvives@​hotmail.​fr
http://​haies​vives​.wix​.com/​h​a​i​e​s​v​i​ves

 

 

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