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HAUT CŒUR DE PIERRE

Par | 2018-05-21T05:10:39+00:00 11 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

HAUT CŒUR DE PIERRE (une pas­sion) – extraits

« ange : la bou­gie qui se penche au nord du cœur » (R. Char)

"Une chose de beau­té est une joie éter­nelle
On ne cesse de l’aimer, jamais elle ne tom­be­ra dans le néant
" ( Endymion, J. Keats 1818)

 

 

Ceci est un cri une douce transe
au-des­sus des col­lines trans­fi­gu­rées en par­don
comme lis­sées de la main,
dans la pudeur d’un corps oppri­mé.
Par endroits, l’ossature étrange (onde blanche),
la voix bleuie d’un ange exter­mi­na­teur.
Au bour­geon­ne­ment des cimes
le jour enfle,
l’argile s’épure d’une courbe de marbre
les fon­taines long­temps taries enflent de nou­veau,
se sou­lèvent.
Du jar­din pro­fond, l’eau fébrile des­cend.
C'est le cou­ron­ne­ment des fées, au fond des forêts sombres,
La langue âpre s'accomplit en allé­gresse
au milieu des hymnes confon­dus.

 

 

 

Tes  silences ont pris flamme
dans la chambre secrète et j'attends
un accord immuable, immuable, immuable 
caché au creux de ton âme.
Ton visage, son reflet sur la vitre
au centre de la pièce voyage en iner­tie
et dans la confu­sion
tes confi­dences sca­breuses – tu mens

 

 

 

… je sais –outre le silence
l’approche par ta bouche –cette lumière bles­sée
que  tu oses
un signe une note plus salée
une incan­des­cente trame, ordon­nance nucléaire
à ma folie ima­gi­naire
ta déci­sion si médiocre
roue pâle très pâle jetée au abords de ma vie 

 

 

 

si peu arti­cu­lée, je suis,
dés­in­té­grée sur l’onde lisse,
mon je abso­lue limite,
para­doxe, clef absente
les mots se coincent dans ma gorge
faillite de l’esprit, chi­mie du sen­sible
je vais engen­drer l’herbe enclose dans mes vis­cères
jusqu'au pour­ris­se­ment

 

 

 

Au com­men­ce­ment linéaire de ma peur
je demeure,  
cer­veau cap­tu­ré
dans l'emphysème vocal du verbe,
pour­sui­vie par l’exercice de ma faim
accor­dée à cette musique muette que tu ne veux plus  déchif­frer
tu me laisses, échouée
écume déso­lée, envo­lée dans le vent cha­grin

 

 

 

rêver dans la mar­gelle
ravis­se­ment, bon­heur, vibra­tions phy­siques,
cathar­sis irra­tion­nelle
mathé­ma­tique du hasard
rien d’impur rien de stable 
tu es toi
entier tout entier
en réso­nance avec ces êtres farouches volon­tiers libres
je te suis

 

 

 

 

Laboratoire vivant modi­fié par les sub­tiles et
vibrantes légendes dont je t'ai tis­sé
face à ce qui se dérobe
tu es
bloc de pierres immuables
liai­son étroite connec­tée,
pro­gres­si­ve­ment construite
puis décons­truite,
toute une huma­ni­té bles­sée
dans le trai­te­ment bar­bare  du monde

 

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