> Hommage poétique à Pierre Bourgeade

Hommage poétique à Pierre Bourgeade

Par | 2018-05-24T17:39:39+00:00 25 mai 2014|Catégories : Blog|

 

Avant
 

Mots cas­sés en désordre,
mots éton­nés
écla­tés…
Dans le blanc sillage
de l’écume,
ébou­rif­fé au soleil
de ta mémoire,
étés…vagues, louves de fraî­cheur
dans le fra­cas des forêts
et le mur­mure de gros pois­sons
d’une île incon­nue,
lagune éblouie,
amour.

 

Aube
 

 

Mots cris­pés,
éche­ve­lés, épar­pillés,
tor­tu­rés, ado­rés
à rebours,
mots de la vie
ceux des amours
_​_​_​

Rubis des mots
cendres de toi
braises,
déri­soire vio­lence.
_​_​_​

Mots pour tou­jours
sombres opales,
qui ne sont pas
qui ne sont plus.
_​_​_​

Et l’âme des jours – écume –
secoue sa che­ve­lure tran­quille.
_​_​_​

 

Toi,
goé­land per­du de la lune,
ciel,
ciel des lèvres, de la langue
des mots
Où ?

_​_​_​

Si l’aube gémit…
et
valse dans l’ombre
des che­vaux indo­lents…
venelles
Bosphore.
hau­bans.
_​_​_​

Tes pau­pières claires,
obliques murènes,
régates invi­sibles,
des océans fra­giles.
 

 

Le cri
 

Le givre
ce matin,
sur le soleil
écla­bous­sé
de l’aube,
l’armure des cris,
l’acier des
mots

qui s’avancent
muets
dans la forêt du jour,
vers mes mains
qui attendent,
le cri de mes yeux,
dans la four­rure
de la nuit,
sur l’oiseau sau­vage
mort ce matin,
et dont l’œil
sou­dain

est ce dia­mant
qui brille
à mon doigt,
givre éga­ré
étoile de lait
lus­trée de rêves,
_​_​_​
 

qui va fondre
en cette eau
pure
au soleil
des nuits,
si len­te­ment,
-tel un cri qui
ne peut finir-,
sur les plumes mortes
sur mes joues,
dans mon cœur
dans ton cœur,

pluie
trans­pa­rente,
ou des larmes,
amères mes­sa­gères
gla­cées,
mys­té­rieuses,
scin­tillant à jamais.

 

 

Le choeur

 

Si beau,
L’oiseau sou­dain…
Tendre,
La nuit de tes mains.

 

 

Prière
 

 

A l’oiseau triste
les prières muettes,
les bois rom­pus
des grands cerfs,
la forêt oubliée
les draps frois­sés
l’aurore de tes mots
le casque d’or
du silence.

Pour que la pluie
revienne,
_​ Marie pleine de grâce,_
pour que la pierre
se lève,
_​  je vous salue_​
_​ vous êtes bénie_​
mes larmes
son âme
ma dou­ceur
le ciel là-bas,
et sa marée
cas­sée de
de cailloux gris,
opale de mes
nuits.

 

Le chœur

 

La vague est lente
L’attente est ardente
L’espérance vio­lente.
Cristal et velours.
Nuit d’encre de l’amour

 

 

Pierre Bourgeade
a dis­pa­ru
le 12 mars 2009

Sa vie, ses paroles,
son œuvre
ont sus­ci­té ces textes
qui sont un hom­mage.

         Stéphanie Bourgeade

 

X