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Horatio

Par | 2018-02-25T06:52:17+00:00 24 août 2015|Catégories : Blog|

 

1. qui va-là ?

libre native en étour­dis­se­ments
en jeu­nesses labou­rées d'amour j'ai pris
place hors du cercle à por­tée
de vue simple nue et per­cée
d'étonnement /​ de ceux-là
les sans liba­tions pour ma
nati­vi­té

2. dis­traite de vie de tant
de vie jouée de mots joués aus­si
dis­traite sim­ple­ment
c'est les jours
de grand vent quand on s'évide vers
la flûte 
tout roseaux tout près tout
près d'être mort

fas­ci­née de hasards
pro­me­nant son
que sais-je sous les cein­tures /​
étranges lati­tudes
souillées de sueurs et de pisses
en lits nup­tiaux /​

il enfante au hasard le
monde a mon âge
et j'ai le sien

3. tar­dive en sagesse je
n'espère pas pour le sage

oh dans ma chambre
sor­cière j'anime
les coeurs tar­difs de lulu van
mes os réduits en glaires de sang
par exodes des sens
par avor­te­ments par
exils
oh ma chambre ne vit qu'aux exi­lés
volon­taires les lâches
les fuyards

4. leurs trompes ivres débandent dans
dans mon ventre famé par un fias­co
d'enfer

cause de mes lunes sèches
comme seins sans lait mes seins
de mère sté­rile non féconde non
fécon­dée moi

sor­tie de rien du chaos
poi­lu de Kiev la Chienne boi­teuse
venue du sou­ve­nir d'une autre mémoire
que la mienne je
dans le meilleur et dans le pire
des jours celui lors duquel il 
se fit man­geur de son
propre pla­cen­ta je
pleine de contor­sions la cla­vi­cule
fis­su­rée

viens rire grand
cirque au nez
des scribes

de Kiev le prince igno­ré

5. alors évo­quant le vent moite
et agile
(l'homme qui couve son feu d'une main
en icelle déjoue ses veines
comme des ser­pents chi­noi­se­ment ombrés)

alors

nous avons dan­sé après la colère
long­temps
l'écho viril des contor­sions
et des embus­cades et des pièges posés
dans la nuit long­temps
nous avons poli l'éclat du feu
dans l'oeil et du feu dans le pied

le contre-chant mono­dique de la nuit
pié­gée

6. déployant le pas­sage la chute
et le retour­ne­ment je gra­vite sur
l'impair chiffre du retour en
dehors

7. j'ignore l'en un et
ne m'use qu'à mimer

mais peur me bat 
sans mimes aux bords cou­tu­miers
elle le masque à l'ouvert et
ser­vante en dehors de ceux-là
les éton­nés de vie puis
les oublieux de trem­bler

mort celle qui fait ordre
et mémoire
pour les volon­taires

8. le mal c'est de vou­loir dire
le pré­ma­tu­ré
au péril de vou­loir vivre

car la pen­sée vieillit
et la musique de la pen­sée
jamais ou
en vio­lon (des jeu­nesses sérielles
mais entre elles jeu­nesses
l'éclipse) 

et habi­ter /​ la presque
impos­si­bi­li­té d'habiter
l'homme en igno­rance

9. c'est donc ça le prix à payer
comme un tis­su noir
sur le visage sa beau­té
heurte le hasard

un tis­su noir cou­lisse et tous
sont inertes
et tous éten­dus à même le sol
s'ornant des fan­tasmes de la lumière
tous

lisent dans un trou
noir l'origine de toutes
leurs lec­tures

10. le monde s'astreint à tour­ner
et retour­ner encore ses éplu­chures
humble arti­san d'un lan­gage révo­lu­tion­naire
si rapide jusqu'au
ver­tige de dire
Mais il tourne

je me repose dans le repos
d'être dit

un jour (re)tournant un jour
déli­vré du délit de ver­ser
sans per­mis­sion la
vacance

11. et tou­jours cette même ques­tion
à la belle clar­té

qui va-là
der­rière ?