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Hymne à la mer

Par | 2018-05-21T11:04:25+00:00 9 juin 2013|Catégories : Blog|

 

 Chevauchez vagues che­vau­chez crêtes illu­mi­nées
                Sable et sel et craie et soleil
     Grande banque de larmes et ses branches de  sel
Chevauchez vagues rou­lez jusqu’aux hori­zons blêmes
               Cendres et sel et plaie et silence
Inlassable mur­mure immense émul­sion des âmes en ténèbres
Braise bleue des vais­seaux enfon­cés et des planches à croire
    Roulez vagues rou­lez vos épaules comme les hanches salées
             Braise et lune et craie et souf­france
Eclairez blanches les déchi­rures sour­noise des ronces de rochers
  Les lumières assas­sines des nau­fra­geurs aux dents d’ombre
Poussez la char­rette hur­lante des vents du nord des tem­pêtes
Roulez vagues hur­lez sous le har­nais du souffle d’épouvante
               Brume et amble et soie et soleil
Ombres cachées cou­chées au fond du froid au fond des ongles
     Jusqu’à l’aveugle folie des abimes où dorment celles
Qui ont exau­cé les rêves de conquêtes les espoirs magel­lans
Celles aus­si qui ont enfon­cé le tita­nic et les barques de pêches
      Hurlez vagues hur­lez entre leurs seins de sel éblouis­sez
                Sable et sel et craie et soleil
     Grand champ d’iris au jusant repo­sé par­mi les algues
        Laissez-vous cares­ser par ce sable que vous saou­lez
Avouez ce sel qui blan­chit vos doigts écu­mants car voi­ci
L’instant d’écrire aux rochers votre tes­ta­ment de craie
     Acceptez le soleil entre les plis creux de vos robes
Et che­vau­chez rou­lez hur­lez éblouis­sez l’aube du temps
                    Soleil et craie et sel et sable
      Un monde retour­né se défait entre les mains mouillées
      Comme une caresse à l’envers qui semble lasse et nue
Face à l’immense pul­sa­tion dont on ne sait rien d’autre
     Que ce qui bat sous la peau jusqu’au fond du silence
Jusqu’au sang che­vau­ché inter­mi­nable le jour la nuit le jour
                       Semble et pleine et salie et sable
La plage au matin délais­sée les longs doigts bleus posés
Comme les vagues épui­sées sur les épaules des sirènes
      Et le cœur est si las au bout des nuits de joues salées
Au bout des rêves hur­lés rou­lés trop grands pour une vie
               Brune et tendre et sel et dor­mante
     Plus de mon­tagnes pour lever les roses de l’horizon
  Plus qu’une longe posée sur le sol comme on se donne
Un che­val entre les bras quand sonne le cœur monte la houle
               Bleue et craie et tremble et brû­lante
    Plus rien qu’un bou­quet d’eau entre les doigts les cils
Et la soif d’y renaitre bien­tôt au jusant les ais­selles en pluie
                       Soleil et crêtes et cris et tem­pêtes
              Comme on se laisse man­ger les pau­pières la nuit.

Pp13-15 (Les sept Hymnes)
 

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