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Introduction (to the Book of Life)

Par |2018-10-19T15:26:53+00:00 31 mai 2014|Catégories : Blog|

 

Thou shalt not keep quiet, of old thou shalt sing. Of gol­den cupo­las glit­te­ring on high noon, of tran­quil bou­le­vards in an ear­ly autumn twi­light. Memories shalt thou che­rish ; thou shalt not for­get.

 

sparkle, sparkle, fire­fly
in the mea­dow as you fly
as the light of dusk is worn
like a bride's veil caught on thorn

 

Centuries have wit­nes­sed, but not spo­ken. Myriads have trod­den along, but not noti­ced. The Wheel has been tur­ning inces­sant­ly, staying in place. The mil­l­stone has ground itself to dust.

 

tumble, tumble, lit­tle weed
how lit­tle do you need ?
gentle breeze to blow you by
under the indif­ferent sky

 

The pillar stands soli­ta­ry in the wil­der­ness ; a conden­sed will, stub­born­ness of the chaste ones. Untouched by winds of change, it floats in the Dreamtime, not to be beheld with phy­si­cal eyes.

 

hustle, hustle, short-crop­ped boy
a new trick comes for the old ploy
sprinkle quick some mil­ky seed
hit the road as tum­ble­weed

 

A pinch of salt on a slow-hea­ling wound, a grain of wis­dom to thrust dee­per into the gaping flesh … sen­si­ti­vi­ty … For whose sake, for what pur­pose ? Thou shalt speak fore­ver, for thy own self and for those who, uncon­cei­ved, pon­der incar­na­tion /​ incar­ce­ra­tion. For long gone icy stars whose light takes the trouble of tra­vel­ling through a pit bot­tom­less to trick the Man of earth and the Woman of a rib bone.

 

bumble, bumble, lit­tle bee
all the same to you sweet pea
rose & thistle, lily & weed
as long as on them you can feed

 

I will not remain silent. Æons have and have crum­bled. The end of the world is at /​ in (your) hand. In the sand sits Nothingness and plays hide-no-seek. No ans­wers sought. No ques­tions asked. Dry gra­nules seep through bony fin­gers. Violet sky grows grey as a bur­ning star rises in the west.

 

 

*

 

 

 

Introduction (au Livre de la Vie)

 

 

 

 

Tu ne res­te­ras pas tran­quille, d’antan tu chan­te­ras. Des cou­poles d’or étin­ce­lant en plein midi, des tran­quilles bou­le­vards dans le cré­pus­cule du pre­mier automne. Les sou­ve­nirs tu ché­ri­ras ; tu n’oublieras pas.

 

étin­celle sans cesse, luciole,
dans la prai­rie où tu voles
quand la lumière au soir renonce,
voile nup­tial pris par les ronces.

 

Les siècles sont témoins, mais se sont tus. Des myriades y sont pas­sées, sans rien voir. La Roue sans cesse a tour­né, res­tant en place. La meule s’est réduite en pous­sière elle-même.

 

dégrin­gole, petit chien­dent
de com­bien peu as-tu besoin ?
douce brise te mène au loin
sous le ciel indif­fé­rent

 

Le pilier soli­taire se dresse dans le désert : un vou­loir concen­tré, l’entêtement des chastes. Epargné par les ailes du chan­ge­ment,  il flotte dans le Rêve, à l’abri des yeux phy­siques.

 

Cours sans cesse, gamin à la tête rasée
un nou­veau tour varie les vieilles mani­gances
arrose vite  les grains de lait
frappent  la route d'amarante

 

Une pin­cée de sel sur une plaie qui gué­rit len­te­ment, un grain de sagesse à enfon­cer davan­tage dans la chair béante…  sen­sible… Pour sau­ver qui, dans quel but ? Tu par­le­ras à jamais, pour toi-même et pour ceux qui, non conçus, méditent sur incarnation/​incarcération. Pour les étoiles gla­cées depuis long­temps éteintes, dont la lumière peine à voya­ger à tra­vers un puits sans fond pour trom­per l’Homme né de la terre et la Femme d’une côte.

 

bour­donne sans cesse, petite abeille
tou­jours de même à ta pas­sion
lis et chien­dent , rose et char­don,
tant qu'ils te donnent de leur  miel.

 

Je ne me tai­rai pas. Les siècles des siècles sont tom­bés en pous­sière. La fin du monde est proche et dépend de toi. Dans le sable se dresse le Néant qui joue à cache-cache-bien. Nulle réponse don­née. Nulle ques­tion posée. Des gra­nules secs fuient à tra­vers des doigts osseux. Le ciel vio­let devient gris et une étoile qui brûle se lève à l’ouest.

 

 

 

Not pre­vious­ly publi­shed, but read in public
in Vancouver, BC (recor­ded on a video)

 

Traduction Maryline Bertoncini

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