> J’ai été cette journaliste de guerre… (3/​9)

J’ai été cette journaliste de guerre… (3/​9)

Par |2018-08-14T10:30:32+00:00 28 mars 2013|Catégories : Blog|

 

A force de contrac­ter mon esprit, je vais entendre
les notes de la Marseillaise, séduc­tion fran­çaise et
l’oppression, cette atti­tude macho pré­pon­dé­rante qui se
tra­duit en mor­dant dans  du pâté ;
les femmes ici sont entraî­nées à vivre à part et entre elles,
leurs tatouages brillants sur le men­ton et le front,
les doigts enduits de hen­né, leurs petits pieds
enve­lop­pés  de ban­dages ; gar­dées dans des harems,
ce qu’elles sai­sissent à tra­vers leurs voiles est assez banal
et non des­ti­né à la contem­pla­tion ;
elles res­semblent à ces femmes de New York qui se réunissent
dans de petits appar­te­ments et qui attendent que quelqu’un appelle,
tou­jours près du télé­phone  ou près de leurs bébés,
minus­cules corps qui donnent nais­sance, vivent et dis­pa­raissent.
Toujours là pour subir les vents du désert, la rose des sables,
la pierre de la rose, la pierre du poème, il est deve­nu pierre
afin de  deve­nir  encore la rose,
la rose du Sahara est la capi­tale du Nord,
tous les méri­diens tra­versent la rose du Sahara, elle est pro­té­gée
des vents par le sable et la contem­pla­tion,
« Il » est la rose du Sahara
et je suis le vent, tu es le sable,
Elle est l’épicentre de  la rose du Sahara
demeu­rant en sûre­té dans la folie du Printemps.
Jamais tu ne te sens per­due,  Rose du Sahara ?
Le sable du silence humain, les vents de la répres­sion
soufflent à tra­vers le désert du Sahara.

Les cris des ânes, le cré­pus­cule né de la pous­sière
et d’autres silences pos­sibles.
Comment  te nommes-tu,  Rose du Sahara ?
Je me nomme « Printemps de la Barbade ».

 

Traduit par Geneviève Huttin
 

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