> J’ai été cette journaliste de guerre… (6/​9)

J’ai été cette journaliste de guerre… (6/​9)

Par | 2018-05-20T19:38:24+00:00 28 mars 2013|Catégories : Blog|

 

La période Ptolémaïque rap­pelle le roco­co
Avec ses plumes et ses dan­seurs insou­ciants, l’air affec­té
Avec des décors sur­char­gés, abso­lu­ment sem­blables
Au mar­ché aux puces d’El Amarna, où les puces dorment
Collées aux murs d’une mos­quée,
Sous des draps blancs dort une mangue juteuse…
Il y avait jadis une Farizhade, son sou­rire répan­dait
Un par­fum de rose, il y avait jadis cette fille qui avait
des che­veux à moi­tié dorés, à moi­tié argen­tés,
elle avait une fon­taine fraîche  et une his­toire
dans laquelle Marouan Mohammed Hassan jouait de son oud,
il appelle ses insai­sis­sables chats égyp­tiens, ils gran­dissent
par­tout et déter­minent l’idée que l’on se fait du félin,
et je reste là stu­pé­fiée  par le soleil, ma valeur mar­chande esti­mée
au bazar à cent soixante dix cha­meaux et trente piastres, aus­si
je lève mon appa­reil et fais le point
sur l’infini ;

Dans la part ombreuse de moi-même,
Se dis­si­mule cette fémi­niste et ce repor­ter mau­dit
Qui faxe  nou­velles- tan­dis  que les petites divi­ni­tés se réjouissent et dansent
Sous cet affreux soleil tout-puis­sant
Dans sa capi­tale qui est Tell El Amarna…

Et le bruit de la fon­taine et le bruit de la mer,
A tra­vers le Mont Sinaï qui est un hôpi­tal à New York City
Mais une superbe mon­tagne ici,
Et le bruit de deux ou trois étoiles, qui disent que la vie
Continue, qu’elle revient par bribes, avec ou sans « Shedrvaan », mais  jamais
Sans la musique, car sans musique rien n’est pos­sible, car la musique
A été faite pour ces chats égyp­tiens mer­veilleu­se­ment soi­gnés qui
Grandissent par­tout et sont la repré­sen­ta­tion même du félin,
« Choukhran, chou­kh­ran »,
« Afouan ! » ;
Et la vie devrait dire « mer­ci » et l’amour
Devrait répondre « pas de quoi ».
Ces images d’amour telles quelles sont, pour­raient être Persanes, Arabes,
Ou Hébraïques, c’est un chant d’amour sémi­tique, orien­tal…

Montant à bord d’un train pour le Caire,
J’ai lu un vieux jour­nal qui disait :
« le Living Theatre se pro­duit à Bergame »,
j’etait contente de ne pas être là, d’être un vrai maître
des strates de ma vie,
j’étais , en fait,  le Caire,
une strate après l’autre  – jeune éter­nel­le­ment, mais ruine quand même,
une icône fêlée d’une bou­tique de Bazar, où la came­lote côtoie
des épices  et des sou­ve­nirs ébré­chés d’une vie éter­nelle…

 

tra­duit par Geneviève Huttin
 

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