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James A. Emanuel

Par | 2018-02-18T19:05:00+00:00 13 juin 2017|Catégories : Blog|

James Andrew Emanuel, qui n’était pas peu fier de dire qu’il venait du Nebraska, est né en 1921 à Alliance. Il a quatre frères et deux sœurs et se sent plei­ne­ment fils de l’Ouest. Il entame des études secon­daires, se loue dans des ranchs, quitte défi­ni­ti­ve­ment sa cam­pagne en 1939 et s’en va tra­vailler en ville. L’intellectuel qu’il est, vic­time de la dis­cri­mi­na­tion lors d’un exa­men dont on truque les résul­tats en sa défa­veur, s’engage en 1942 et devient, à Washington, secré­taire par­ti­cu­lier du pre­mier Africain-Américain ayant accé­dé au grade de géné­ral dans l’Armée amé­ri­caine. Il porte l’uniforme dans les mers du sud jusqu’en 1946. Le pas­sage par l’armée lui ouvre les portes de l’Université : B.A. en 1950 ; M.A. en 1953 ; Ph.D. à Columbia (thèse sur Langston Hughes). Marié en 1950, père en 1954, ensei­gnant au niveau uni­ver­si­taire à New York en 1957, il y gra­vi­ra le rude che­min de la dis­cri­mi­na­tion, insi­dieuse, ouverte et quo­ti­dienne, et fini­ra par se lan­cer (au prix de maints déboires) dans la poli­tique en 1966. Son antho­lo­gie, écrite en col­la­bo­ra­tion avec Theodore L. Gross : Dark Symphony ; Negro Literature in America, a fait de lui un pion­nier et ouvert à une géné­ra­tion entière d’étudiants, à par­tir de 1968, un domaine jusqu’alors igno­ré par les uni­ver­si­tés amé­ri­caines.

Sa pre­mière œuvre poé­tique majeure : « Sonnet for a Writer » est publiée en 1958.

Il réside à New York et aux alen­tours de 1961 à 1968, milite et ne cesse de publier. Il obtient une bourse Fulbright et passe l’année sco­laire 1968-69 à l’Université de Grenoble : pre­mier chan­ge­ment d’air, néces­saire, bien­ve­nu, mais dévas­ta­teur dans le domaine de sa vie pri­vée.

Malcolm X est assas­si­né en 1965, année où est publié « The Negro ». James publie Panther Man en 1970.

Il passe deux ans à l’Université de Toulouse de 1971 à 1973, un an à Varsovie en 1975-76. En proie à de graves dif­fi­cul­tés conju­gales et après le sui­cide de son fils en 1983, il quitte défi­ni­ti­ve­ment les U.S.A. et s’installe à Paris. Il cour­ra le monde et ne ces­se­ra de don­ner des réci­tals.

Les publi­ca­tions majeures se suc­cé­dent : Black Man Abroad, 1978 ; A Chisel in the Dark : Poems Selected and New, 1980 ; A Poet’s Mind. The Broken Bowl (New and Uncollected Poems), 1983 ; Deadly James and Other Poems, 1987 ; Whole Grain : Collected Poems 1958-1989, 1991 ; JAZZ from the Haiku King, 1999 ; The Force and the Reckoning, 2001.

 

James décè­de­ra à Paris en sep­tembre 2013.

Message reçu après avoir annon­cé le décès de James à quelqu’un qui l’avait connu à Londres et à Paris :

 

Cela nous attriste vrai­ment beau­coup. C’était quelqu’un de vrai­ment excep­tion­nel. On se sou­vien­dra, bien sûr, de son talent, de son his­toire incroyable, de la dou­leur qu’il por­tait en lui, et de bien d’autres choses, mais aus­si de sa modes­tie, de son sens de l’humour, de sa déli­ca­tesse.  Il avait la classe, comme on dit.  They just don’t make them like that any­more.

 

https://www.recoursaupoeme.fr/essais-chroniques/james-emanuel-po%C3%A8mes-traduits-et-pr%C3%A9sent%C3%A9s-par-jean-migrenne/jean-migrenne

 

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