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JE-PLUIE N’A-PAS-D ‘OMBRE

Par | 2018-02-25T04:43:05+00:00 8 juin 2015|Catégories : Blog|

 

JE-PLUIE

N’A-PAS-D ‘OMBRE

 

Extrait d’une série de 20 pho­to­gra­phies et poèmes, créée à l’occasion d’une expo­si­tion en décembre 2011 avec un sculp­teur et une plas­ti­cienne en hom­mage au pho­to-eth­no­graphe Edward S. Curtis ; « Je-pluie-n’a-pas-d’ombre » puise ses esprits dans la tra­di­tion amé­rin­dienne.

 

*

Pok-pok fait la prêle
quand on la démembre.
Vous faites fort, vous qui venez de l’est :
bri­ser nos peuples presque sans un seul pok.

Mais,

Vous boi­rez la vic­toire à des
os rem­plis de plâtre.
Pas bon pour la soif qui vous a cou­chés
avec le soleil.
Elle ne dis­pa­raî­tra,
la soif
que lorsqu’ils auront fon­du,
les os,
n’est-ce pas ?

 

*

 

à N.Scott Nomaday

Lorsque je vien­drai chez toi,
je n'apporterai pas de fleurs.
   Je vien­drai avec le soleil dans le dos
pour que tu avises la réa­li­té de mes ailes.
Et nous tami­se­rons ensemble les terres
de la rivière Rouge.

 

*

Il y a une porte
il n'y a pas de porte.
Haletant sur le che­val
hale­tant sur la plaine
char­gée de soleil
pleine de soleil
char­gé le che­val
blanche de soleil
la plaine.
Il y a une porte
il n'y a pas de porte
Yo-ha ! C'est comme ça.

 

*

   Les petits chiens enfilent leur col­lier
   en cou­chant les oreilles
   mais c’est avec les dents
   qu’ils sai­sissent la laisse.

 

*

   Méfions-nous des appa­rences :
   il a les yeux grands ouverts, Bison.
   Regarde le flot qui avance tout droit,
   cou­lée de laine fumante.
   Ses frères entrent dans la beau­té, il sait.
   Ce qui a lais­sé une trace a d’abord
   dis­pa­ru.