> Jean-Luc PROULX : L’Autre est ta demeure

Jean-Luc PROULX : L’Autre est ta demeure

Par | 2018-02-25T10:51:37+00:00 14 avril 2016|Catégories : Critiques|

 

Le recueil nous parle de pré­sence.

D'abord s'avancer vers le rideau noir avant de se voir, puis « s'abandonner au risque du lyrisme » et aller vers ses doutes, « inon­dées d'enfance » : c'est ain­si qu'on fran­chit des terres éven­trées et des océans noyés, par­fois en se per­dant dans les dédales de l'être au monde, puis en se cher­chant on tombe, on se relève et on court avec son ombre, et on retrouve son corps et son visage de l'autre côté des mirages… Ce monde est-il un théâtre ? La scène du théâtre est-elle la vie ?

L'auteur retrouve l'humain sur les planches, les « yeux dans le dra­pé du silence ».

Le recueil en deux par­ties, entre pro­logue et épi­logue, est d'abord une quête de l'autre et de soi-même. Dans un second temps, le lec­teur ren­contre la diver­si­té humaine où on échange des mots pour un peu plus de lumière, où la magie opère, où la poé­sie est arra­chée au silence nu des pierres pour se « soû­ler de véri­té », où l'excès est là pour la joie d'être, pour « exhi­ber le sublime », même si des rires déments et des ruses savantes sont sur le che­min, qu'il faut évi­ter pour voir « des vies à vivre immenses ».
 

extraits :

 

Je te vois arri­ver un cri en bouche
Où vas-tu entre tumulte et fureur ?
Je m'avançais je m'avançais
Broyant l'air des ruines…

 

Redonner
              bour­rées d'ambition
Foi à la beau­té
Ardeur renou­ve­lée
Où me retrou­ver sinon où je suis ?

 

Nous reve­nons du com­bat
Sans avoir tué
La guerre
Quand même je m'enchante
D'apercevoir ici
L'oeil ouvert
Des soifs de sens à célé­brer