Salah Stétié, Le mendiant aux mains de neige

Par |2019-11-14T10:42:45+01:00 25 septembre 2019|Catégories : Critiques, Salah Stétié|

De quoi nous par­le Salah Stétié ?

De tout, oserai-je dire, de l’amour, la mort, la nais­sance, le monde, les blessures, la poésie, les anges, la musique, le fixe et le flu­ide… Peut-être faut-il lire d’abord le poème « La clé est dans le vent », pour com­pren­dre « les cordes de nerf » et le « chercheur de scarabées per­du dans la forêt des palmes et des rêves ». Il relie les aspects du monde et les sit­u­a­tions de la vie, no attentes, nos désirs et nos rêves avec la réalité.

 

Salah Stétié, Le men­di­ant aux mains de neige, Fata Mor­gana, Sep­tem­bre 2018

Quelles est la place de l’être humain ? 

Des cen­dres vives jail­lis­sent des mots multicolores.

Par­fois il revient à la source, quand l’adn remonte feuille à feuille, quand la lenteur est un ver­tige, quand l’e­sprit est enrac­iné dans le désir.

Et, à par­tir de ces orig­ines, il nous pro­jette au fond des galax­ies aveu­gles où les mots sont lumière, où la nuit éclaire nos inter­ro­ga­tions et nos doutes. L’imag­i­na­tion est alors tou­jours présente, qui va chercher la huitième couleur de l’arc-en-ciel, côtoy­ant les princess­es qui ont ven­du leurs ombres avec un cœur plein d’eau claire.

Sur ce par­cours, cette quête du tout, la vio­lence n’est pas exclue, portée par un élan poé­tique qui garde la « sauvagerie des nids », l’u­nivers ayant brisé ses miroirs, l’ange est en sang et l’in­secte habite « la splen­dide mort ».

Pour ten­ter de com­pren­dre l’être et son envi­ron­nement, la nature est omniprésente, jusqu’au bout des branch­es, avec les mains qui fleuris­sent, les mon­tagnes revêtues d’im­mor­tal­ité qui trem­blent encore, dans cet air impal­pa­ble et indis­pens­able où rêvent tant d’ailés, papil­lons dépe­u­plés, colombe absen­tée, chant d’abeilles,  et la terre qui saigne, et les riv­ières qui remon­tent leur cours, et les forêts en cortège…sous l’orgueil des nuages.

Et lui, immo­bile, chem­i­nant à l’in­fi­ni dans le labyrinthe de la vie, avec dans la bouche le goût du feu.

« Comme si le texte en était une vaste draperie cou­verte d’im­ages peintes mais dans un vent qui le fait bouger… », nous dit de lui Yves Bonnefoy.

Et ce vent va mélanger les images, les téle­scop­er, les trans­fig­ur­er, les faire briller, les enlac­er, les per­dre, mou­ve­ments de la phrase, des syl­labes et des allitéra­tions qui ani­ment les sens et les idées dans une unité dis­parate et foi­son­nante qui ressem­ble tant à la vie.

 

Présentation de l’auteur

Salah Stétié

Salah Stétié est un poète, essay­iste et cri­tique d’art. Il a fait ses études uni­ver­si­taires en France après avoir suivi, à l’Ecole Supérieure des Let­tres de Bey­routh, les cours de Gabriel Bounoure à qui la langue et la cul­ture français­es devront au Liban et dans tout le monde arabe une présence et un ray­on­nement durables.

Dès les années cinquante il est ami avec Jou­ve, Man­di­ar­gues, Ungaret­ti, Bon­nefoy, André du Bouchet, David Gascoyne…

© Crédits pho­tos (sup­primer si inutile)

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Eric Jacquelin

À pro­pos de Eric Jacquelin Mem­bre de An Amz­er Poésie Prési­dent du con­cours de Poé­siz Leclerc/An Amz­er Site poésie : http://ericjacquelin.over-blog.com Site pho­tos : www.ericjacquelin.com Recueils : CRINIERES DES REVES, Cham­bel­land, 1989 ANTHROPOPHAGES, édi­tions LGR, 1996 LOINTAINS, édi­tions LGR, 2000 LE FRONT CONTRE LE CIEL, 2009 3ème prix de la ville d’Arles et 2ème prix Tavel-Avi­gnon, pre­mière par­tie éditée dans la sélec­tion annuelle de Tara­buste LES REVES DE LA MEDUSE, la baie en poésie, 2010 1er prix de la baie du Mont St Michel JE PARLE SI BAS QUE SEULE LA LUMIÈRE PEUT M’ENTENDRE , La Nou­velle Pléi­ade, 2012 1er prix de la Prin­ci­pauté d’Orange L’ARBRE ET LA MER, 2013 3eme prix de la ville de Pau LA MORT DU POISSON A PLUME, 2015 Prix Blaise Cen­drars de la ville de Vannes PRIMITIVES , La Nou­velle Pléi­ade, 2019 Revues et Antholo­gies : Par­tic­i­pa­tion à des revues : Tara­buste, le cris d’os, Phréa­tique, Recours au poème… Antholo­gies : Triages, Flammes Vives, Société des Poètes Français, Edi­tions Robin… Organ­i­sa­tion du print­emps des poètes au château de Ker­groad­ez, près de Brest, avec des poètes amis, Jean-Pierre Boulic, Gérard Le Gouic, Gwen Gar­nier-Duguy, Louis Bertholom, Eve Lern­er et bien d’autres.
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