> Fil de Lecture d’Eric JACQUELIN : sur Marc BARON et Roland LADRIERE

Fil de Lecture d’Eric JACQUELIN : sur Marc BARON et Roland LADRIERE

Par | 2018-05-27T23:19:59+00:00 19 mars 2016|Catégories : Critiques|

 

Dans le che­min qui s’ouvre

Marc Baron

 

Simplicité et pro­fon­deur : les maitres mots de Marc Baron dans un monde si com­plexe et ô com­bien super­fi­ciel que cer­tains alour­dissent encore par des drames et des sen­ti­ments exa­cer­bés, et que d’autres épar­pillent avec des mots rares et des syn­taxes alam­bi­quées.

Evidemment sur son che­min, on croise l’enfance « aux che­veux libres », et le vent qui fait le tri, sachant que l’horizon est sous nos pas, sans oublier que « la route est inno­cente ».

Ce che­min est son corps et la mer le miroir devant lequel on ne peut pas tri­cher. Et même si, en pleine nuit, le soleil est tou­jours là, alors qu’il dorme sans éteindre…

« Le poème est tou­jours au pré­sent » dit-il, et ce pré­sent c’est le che­min, plus impor­tant que le but, plus éton­nant que toute cer­ti­tude.

Sans oublier l’amour pour ne pas se perdre de vue, tel est le point de départ.

 

Le soleil, le vent, la lumière, les branches, le ciel, et le fleuve inté­rieur qui emporte tout !

Et à la der­nière page, le silence, notre silence, qui parle toutes les langues.

 

*

 

Inconnaissance éblouie sui­vi de La ville reflé­tée

Roland Ladrière

 

 

«  A l’aube de toute parole », voi­là ce que nous dit Roland Ladrière, au moment de l’inconnaissance, juste avant la co-nais­sance qui nous met au monde.

Les sources, le temps, l’air, la nudi­té, les feux obs­curs mènent la danse dans une rêve­rie fusion­nelle où la beau­té a toute sa place.

« Le sens est sous le sens », en amont, où vient rêver le rêve, une mise en abime pour retrou­ver les ori­gines, le cri et la grâce, la gra­vi­té aus­si où les âmes des morts passent comme des étin­celles dans le vent…

La nuit est encore au stade de l’enfance, toute forme est à naitre, alors l’aile d’un bai­ser peut-elle nous pro­té­ger ? Un mot peut-être venant de l’enfant jus­te­ment, un mot magique dont le silence même est un monde.

Nous ne savons rien de la nuit qui nous pré­cède, mais c’est d’abord l’éblouissement de l’inconnu qui prend forme : une feuille qui tombe, un plu­mage lis­sé, une herbe tendre…

La parole n’a plus d’ombres, on entend seule­ment un bateau qui fend les vagues, un toit de chaume qui prend feu…

Avec peu de mots l’auteur nous porte vers des mondes qui paraissent indes­truc­tibles, mais atten­tion, il nous pré­vient que tout peut s’effondrer d’un moment à l’autre !

 

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