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Les orpailleurs de Dieu

Par |2018-08-21T00:56:28+00:00 8 mars 2013|Catégories : Critiques|

 

22 poèmes consti­tuent ces Orpailleurs de Dieu com­po­sés dans une langue simple par Jacqueline Assaël. 22 poèmes, bilingues, éten­dus sur sept jours : c'est un pré­ci­pi­té du chant de la créa­tion, vu sous son ver­sant lumi­neux, le ver­sant de l'aube par une conscience qui assiste à l'ouverture du ciel et à l'apparition de la lumière, comme fai­sant un avec elle. Expérience unique, ain­si que le dit le limi­naire : "S'éveiller sans pré­mé­di­ta­tion dans la sol­li­ci­ta­tion d'une aube, ver­ser la conscience liquide de son être jusque dans l'aurore et dans son au-delà de lumière, assis­ter à l'annonce du jour, comme un pri­vi­lège… Expérience rare au cours de laquelle, comme une sen­sa­tion, se révèle extra­or­di­nai­re­ment l'innocence du monde".

C'est cette rare­té dite en limi­naire qu'il faut prendre en consi­dé­ra­tion, car ces poèmes ne sont pas une contem­pla­tion du lever de l'aube, mais le lever de l'aurore inté­rieure, phé­no­mène dif­fi­cile à mettre en mots, à mettre en œuvre, che­min sur lequel Jacqueline Assaël nous convie fra­ter­nel­le­ment. Faire un avec l'apparition de la lumière, la nuit lais­sée der­rière soi et l'éclairage de la lune nous ayant tenu par la main pour tra­ver­ser le noc­turne.

Quelle force faut-il
Aux com­mis­sures
Du silence

 

Reste un mot
Dans le ciel…

Reste un mot
Dans le ciel
Qui s'efface

 

Au lever des cou­leurs
Incontesté
Comme un geste de Dieu
 

 

Il y a dis­crè­te­ment l'ombre du grand œuvre en ces quelques pages de concise poé­sie qui bat plei­ne­ment dans le blanc, et vers la pré­sence du soleil dont on per­çoit la lumière sans qu'il soit appa­ru dans l'horizon.

 

J'attends le jour
Qui
Allumera mes paumes
Comme un bri­quet

 

Laissant au creux
Du creu­set d'alchimiste
– Au fond du souffle –
Une pépite
De ton nom
 

 

Ainsi che­mi­nons-nous, dans le silence du verbe à peine mur­mu­ré, vers l'illumination du corps, qui tra­duit la dimen­sion lumi­neuse de l'action humaine lorsqu'elle est frap­pée par l'intention juste.

Cette quête est aus­si l'action même per­met­tant de recueillir l'or et d'en vêtir son être pour habi­ter le monde.

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