22 poèmes con­stituent ces Orpailleurs de Dieu com­posés dans une langue sim­ple par Jacque­line Assaël. 22 poèmes, bilingues, éten­dus sur sept jours : c’est un pré­cip­ité du chant de la créa­tion, vu sous son ver­sant lumineux, le ver­sant de l’aube par une con­science qui assiste à l’ou­ver­ture du ciel et à l’ap­pari­tion de la lumière, comme faisant un avec elle. Expéri­ence unique, ain­si que le dit le lim­i­naire : “S’éveiller sans prémédi­ta­tion dans la sol­lic­i­ta­tion d’une aube, vers­er la con­science liq­uide de son être jusque dans l’au­rore et dans son au-delà de lumière, assis­ter à l’an­nonce du jour, comme un priv­ilège… Expéri­ence rare au cours de laque­lle, comme une sen­sa­tion, se révèle extra­or­di­naire­ment l’in­no­cence du monde”.

C’est cette rareté dite en lim­i­naire qu’il faut pren­dre en con­sid­éra­tion, car ces poèmes ne sont pas une con­tem­pla­tion du lever de l’aube, mais le lever de l’au­rore intérieure, phénomène dif­fi­cile à met­tre en mots, à met­tre en œuvre, chemin sur lequel Jacque­line Assaël nous con­vie frater­nelle­ment. Faire un avec l’ap­pari­tion de la lumière, la nuit lais­sée der­rière soi et l’é­clairage de la lune nous ayant tenu par la main pour tra­vers­er le nocturne.

Quelle force faut-il
Aux commissures
Du silence

 

Reste un mot
Dans le ciel…

Reste un mot
Dans le ciel
Qui s’efface

 

Au lever des couleurs
Incontesté
Comme un geste de Dieu
 

 

Il y a dis­crète­ment l’om­bre du grand œuvre en ces quelques pages de con­cise poésie qui bat pleine­ment dans le blanc, et vers la présence du soleil dont on perçoit la lumière sans qu’il soit apparu dans l’horizon.

 

J’at­tends le jour
Qui
Allumera mes paumes
Comme un briquet

 

Lais­sant au creux
Du creuset d’alchimiste
— Au fond du souffle -
Une pépite
De ton nom
 

 

Ain­si chemi­nons-nous, dans le silence du verbe à peine mur­muré, vers l’il­lu­mi­na­tion du corps, qui traduit la dimen­sion lumineuse de l’ac­tion humaine lorsqu’elle est frap­pée par l’in­ten­tion juste.

Cette quête est aus­si l’ac­tion même per­me­t­tant de recueil­lir l’or et d’en vêtir son être pour habiter le monde.

mm

Eric Jacquelin

À pro­pos de Eric Jacquelin Mem­bre de An Amz­er Poésie Prési­dent du con­cours de Poé­siz Leclerc/An Amz­er Site poésie : http://ericjacquelin.over-blog.com Site pho­tos : www.ericjacquelin.com Recueils : CRINIERES DES REVES, Cham­bel­land, 1989 ANTHROPOPHAGES, édi­tions LGR, 1996 LOINTAINS, édi­tions LGR, 2000 LE FRONT CONTRE LE CIEL, 2009 3ème prix de la ville d’Arles et 2ème prix Tavel-Avi­gnon, pre­mière par­tie éditée dans la sélec­tion annuelle de Tara­buste LES REVES DE LA MEDUSE, la baie en poésie, 2010 1er prix de la baie du Mont St Michel JE PARLE SI BAS QUE SEULE LA LUMIÈRE PEUT M’ENTENDRE , La Nou­velle Pléi­ade, 2012 1er prix de la Prin­ci­pauté d’Orange L’ARBRE ET LA MER, 2013 3eme prix de la ville de Pau LA MORT DU POISSON A PLUME, 2015 Prix Blaise Cen­drars de la ville de Vannes PRIMITIVES , La Nou­velle Pléi­ade, 2019 Revues et Antholo­gies : Par­tic­i­pa­tion à des revues : Tara­buste, le cris d’os, Phréa­tique, Recours au poème… Antholo­gies : Triages, Flammes Vives, Société des Poètes Français, Edi­tions Robin… Organ­i­sa­tion du print­emps des poètes au château de Ker­groad­ez, près de Brest, avec des poètes amis, Jean-Pierre Boulic, Gérard Le Gouic, Gwen Gar­nier-Duguy, Louis Bertholom, Eve Lern­er et bien d’autres.