> André GACHE : Dogons, Emme Wobo

André GACHE : Dogons, Emme Wobo

Par | 2018-02-19T05:21:49+00:00 16 juin 2016|Catégories : Critiques|

 

A tra­vers une étude eth­no­gra­phique, l'auteur nous livre la « matière » parole, celle qui est souple, qui évo­lue, s'échange et se modi­fie en fonc­tion des inter­lo­cu­teurs et du temps, matière vola­tile, eut égard d'abord à la tra­di­tion orale afri­caine, for­mant un groupe, voire des socié­tés qui par­tagent un uni­vers com­mun.

Le tour de force est alors de figer à l'écrit ce qui est natu­rel­le­ment aérien, nuages qui évo­luent, par­fois se désa­grègent pour se refor­mer ailleurs, et de réunir ain­si les dif­fé­rentes couches du lan­gage où le sacré est la source pro­fonde bien avant les mythes et les reli­gions.

 

Alors il faut se lais­ser por­ter, peut-être déri­ver jusqu'aux « matins qui tiennent dans la main », puisque la « bonne parole est un repas déli­cieux pour l'oreille », même si la guerre, l'esclavage, les règles fami­liales très strictes sont aus­si pré­sents.

Par un trip­tyque, l'auteur nous invite d'abord dans le fleuve nour­ri­cier d'un poème mul­ti­forme, expé­rience ini­tia­tique pour mettre en avant les ques­tions fon­da­men­tales.

 

 

La deuxième par­tie, pho­to­gra­phique, nous plonge dans une réa­li­té phy­sique, aride, quo­ti­dienne, artis­tique par­fois ou archi­tec­tu­rale, pleine d'odeurs visuelles où la vie est à fleur de terre, avant de don­ner quelques clés théo­riques ouvrant de mys­té­rieuses portes.

Cette étude qui mêle poé­sie, sciences et eth­no­gra­phie témoigne de la véri­té mul­tiple afri­caine dont l'art que nous connais­sons en occi­dent à tra­vers la musique, la pein­ture et la sculp­ture mis en valeur par de grands artistes, ne sont que les embruns de civi­li­sa­tions éla­bo­rées, en par­ti­cu­lier les Dogons du Mali dont l'histoire est mar­quée par la volon­té de demeu­rer authen­tique.

 

Résumer ce livre est une gageure, tant il est riche, com­plexe sans être com­pli­qué, ana­ly­tique et poé­tique à la fois, où les rêves et la réa­li­té se confondent dans un même creu­set, celui de l'humanité

Sommaires