A tra­vers une étude ethno­graphique, l’au­teur nous livre la « matière » parole, celle qui est sou­ple, qui évolue, s’échange et se mod­i­fie en fonc­tion des inter­locu­teurs et du temps, matière volatile, eut égard d’abord à la tra­di­tion orale africaine, for­mant un groupe, voire des sociétés qui parta­gent un univers commun.

Le tour de force est alors de figer à l’écrit ce qui est naturelle­ment aérien, nuages qui évolu­ent, par­fois se désagrè­gent pour se reformer ailleurs, et de réu­nir ain­si les dif­férentes couch­es du lan­gage où le sacré est la source pro­fonde bien avant les mythes et les religions.

 

Alors il faut se laiss­er porter, peut-être dériv­er jusqu’aux « matins qui tien­nent dans la main », puisque la « bonne parole est un repas déli­cieux pour l’or­eille », même si la guerre, l’esclavage, les règles famil­iales très strictes sont aus­si présents.

Par un trip­tyque, l’au­teur nous invite d’abord dans le fleuve nourrici­er d’un poème mul­ti­forme, expéri­ence ini­ti­a­tique pour met­tre en avant les ques­tions fondamentales.

 

 

La deux­ième par­tie, pho­tographique, nous plonge dans une réal­ité physique, aride, quo­ti­di­enne, artis­tique par­fois ou archi­tec­turale, pleine d’odeurs visuelles où la vie est à fleur de terre, avant de don­ner quelques clés théoriques ouvrant de mys­térieuses portes.

Cette étude qui mêle poésie, sci­ences et ethno­gra­phie témoigne de la vérité mul­ti­ple africaine dont l’art que nous con­nais­sons en occi­dent à tra­vers la musique, la pein­ture et la sculp­ture mis en valeur par de grands artistes, ne sont que les embruns de civil­i­sa­tions élaborées, en par­ti­c­uli­er les Dogons du Mali dont l’his­toire est mar­quée par la volon­té de demeur­er authentique.

 

Résumer ce livre est une gageure, tant il est riche, com­plexe sans être com­pliqué, ana­ly­tique et poé­tique à la fois, où les rêves et la réal­ité se con­fondent dans un même creuset, celui de l’humanité

mm

Eric Jacquelin

À pro­pos de Eric Jacquelin Mem­bre de An Amz­er Poésie Prési­dent du con­cours de Poé­siz Leclerc/An Amz­er Site poésie : http://ericjacquelin.over-blog.com Site pho­tos : www.ericjacquelin.com Recueils : CRINIERES DES REVES, Cham­bel­land, 1989 ANTHROPOPHAGES, édi­tions LGR, 1996 LOINTAINS, édi­tions LGR, 2000 LE FRONT CONTRE LE CIEL, 2009 3ème prix de la ville d’Arles et 2ème prix Tavel-Avi­gnon, pre­mière par­tie éditée dans la sélec­tion annuelle de Tara­buste LES REVES DE LA MEDUSE, la baie en poésie, 2010 1er prix de la baie du Mont St Michel JE PARLE SI BAS QUE SEULE LA LUMIÈRE PEUT M’ENTENDRE , La Nou­velle Pléi­ade, 2012 1er prix de la Prin­ci­pauté d’Orange L’ARBRE ET LA MER, 2013 3eme prix de la ville de Pau LA MORT DU POISSON A PLUME, 2015 Prix Blaise Cen­drars de la ville de Vannes PRIMITIVES , La Nou­velle Pléi­ade, 2019 Revues et Antholo­gies : Par­tic­i­pa­tion à des revues : Tara­buste, le cris d’os, Phréa­tique, Recours au poème… Antholo­gies : Triages, Flammes Vives, Société des Poètes Français, Edi­tions Robin… Organ­i­sa­tion du print­emps des poètes au château de Ker­groad­ez, près de Brest, avec des poètes amis, Jean-Pierre Boulic, Gérard Le Gouic, Gwen Gar­nier-Duguy, Louis Bertholom, Eve Lern­er et bien d’autres.