> Jean-Luc Sigaux, Et la louange d’un grand soleil,

Jean-Luc Sigaux, Et la louange d’un grand soleil,

Par |2018-10-18T22:21:18+00:00 2 mars 2013|Catégories : Critiques|

Jean-Luc Sigaux (né en 1951) est l’auteur, avec Catherine Rabedon, d’un essai de réfé­rence, Simone Weil, mys­tique et rebelle (Entrelacs, 2009) et de neuf livres dont La brû­lure du merle (2003) ou L’averse bleue après la peur (2006). Et la louange d’un grand soleil est une antho­lo­gie qui balise son œuvre poé­tique allant de 1983 à 2012, sans négli­ger les inédits. Jean-Luc Sigaux, comme l’écrit Louis Forestier dans sa pré­face, nous péné­trons dans une sorte de chaos des ori­gines : Le soleil s’ébroue au milieu de l’orage – et les orges bour­donnent d’arceaux de sève. Au début est la froi­deur d’un uni­vers stel­laire, habillé de désar­roi et d’obscurité (Dans l’obscurité étouf­fée de lianes et tour­men­tée d’insectes) ; monde de bruit et de fureur dans lequel l’être se débat avec ter­reur (L’absence de bruit et la clô­ture de bar­be­lés – Agressent les dalles de basalte où tu sèmes le feu), avec ses angoisses (Une nuit polaire s’attardait et gla­çait tout). « Mais », nous dit jus­te­ment Forestier, « cette voix dit qu’un ordre peut se sub­sti­tuer au chaos. » Succédant à l’atmosphère noire et gla­cée des pre­miers livres, l’œuvre de Sigaux se hisse peu à peu, de l’abîme ini­tial vers le solaire (J’ai bri­sé le miroir et tu fus à moi). L’amour, au sens large, pré­do­mine (Tu m’émerveillas. – Je fus à toi comme le soleil cognant sur les vitres) ; le désir prend le pas sur l’instinct de mort (La mort m’assaille sans me vaincre… Ton regard me ren­dra le plein jour). Imbibée de mys­tique (Seule demeure la parole véri­table venue de l’insondable), la poé­sie de Sigaux accorde une grande impor­tance au rythme. Il est lar­ge­ment ques­tion de sons, d’harmonie, d’alto (titre du pre­mier livre), d’allegro, de scher­zo… L’allié sub­stan­tiel du poète, c’est le musi­cien. De la musique avant toute chose, pro­cla­mait Verlaine. Sigaux l’a enten­du plus qu’aucun autre, et Guernica éclate dans la cas­sure des vio­lons.

 

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