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La naissance du monde

Par | 2018-05-24T06:16:34+00:00 30 juin 2012|Catégories : Blog|

 

ombres de la nuit
à l’abri des regards
bat­te­ments d’aile
ani­ma­li­té de l’imagination
éton­ne­ment
gong
l’esprit de l’animal
se cris­tal­lise

méta­mor­phose inépui­sée
sif­fle­ment de la sala­mandre

plus loin
le vivant
se déplace d’un son
silence
l’écriture de l’absent
la mélan­co­lie du soir
l’ombre errante
perd sa place

l’hospitalité offerte des bran­chages
oubli de la feuille
la feuille inté­rieure
la main du bois
l’âme de la pierre

dans la che­ve­lure du soir
le feu ténu
de la  trace

laisse aller le son
le verbe de lumière
jusqu’à l’arbre
jusqu’à l’étoile dans le ciel

le lan­gage vient de loin
pour dire sa véri­té obs­cure
abso­lue
quelque chose passe dans la res­pi­ra­tion de l’homme

attache-toi
à l’insondable

attache-toi à l’instant de la feuille déployée
à la nais­sance du bour­geon

com­ment dire l’océan de la ramée
son tra­cé ouvert
la lente véri­té de la sève qui monte
le flot ardent de la braise l’été
le cou­rant du vent fou
la voix loin­taine
aux mur­mures embra­sés

dans la forêt ancienne
le tam-tam de l’eau
invite l’herbe tendre à la danse
faci­lite son appar­te­nance à la terre
espoir bal­bu­tiant de l’éveil
il vient du soleil
l’oiseau essen­tiel
de la brû­lure du feu
de la bri­sure du vent
feuilles feuilles
nous voi­ci libres
et la musique
le son pre­mier
nous recom­mence
nous sommes atten­tifs aux berges du fleuve qui se recon­naissent
aux mur­mures gri­sés
par l’odeur de la terre

quand sou­dain
sur­git
à la pointe du cœur

le pays ense­ve­li
renais­sant
il parle une langue au rythme aqua­tique

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