> LA NEF DU PAYS DE CAUX

LA NEF DU PAYS DE CAUX

Par | 2018-02-25T14:21:28+00:00 10 août 2013|Catégories : Blog|

 

                                                                             À Evelyne Lefel

Ce n’est pas un doris caché dans les orties.
Ce n’est pas une sou­tane chan­gée en sar­ba­cane.
C’est une nef de bois entou­rée de cabanes,
Une longue demeure de mer aux murs de tor­chis,
Une lucerne d’outremer, mai­son de bois et de terre.

Les orties en avaient caché les tor­chis ;
Les vers en avaient aus­si man­gé le bois.
Mais les mouches en ont fait un bateau,
Le bateau-mouche aux longs colom­bages.

Les ramages des portes, des poutres et des outres,
Elles sont pleines de cidre et de caval­cade.
Ce sont les mouches qui courent sur le bois du pla­fond.
Le toit de paille est four­ré d’ardoises rondes.

Elle a la main sur la porte et l’œil sur la poutre.
Et le cha­meau a tra­ver­sé le chas de l’aiguille.
Elle monte dans la chambre au son du cor.
Elle roule dans le rou­lis le bois de son corps.

En été, c’est la haute mer des herbes vertes,
Le lin bleu des grands murs croi­sés du ciel
La Caux passe comme un vais­seau sous la tour Eiffel.
Quel est ce chant puis­sant qui monte de l’océan ?
C’est à Seltot, la mai­son de Madame Lefel
Qui glisse sur les eaux bleues des fleurs du lin !