> La revue des revues de Sophie d’Alençon

La revue des revues de Sophie d’Alençon

Par |2018-10-18T09:21:32+00:00 2 mars 2013|Catégories : Revue des revues|

 

Karoly Sandor Pallai, par ailleurs auteur d’essais et de poèmes, dont quelques uns ont paru dans Recours au Poème, met en œuvre une revue online Vents Alizés, dont on consul­te­ra le site ici :

http://ventsalizes.wix.com/revue#!numéros

Un titre qui découle de sa pas­sion pour les lit­té­ra­tures de l’océan Indien et du Pacifique, mais une revue qui n’est pas confi­née à cet espace géo­gra­phique, même si elle lui accorde une ample et belle place. On est frap­pé, immé­dia­te­ment, dans ces presque 500 pages, par la qua­li­té de ce qui est publié là, avec un ton ou une ambiance qui font irré­mé­dia­ble­ment pen­ser en effet aux vents ali­zés et aux infi­ni­tudes de l’océan de cette par­tie du monde. La revue est une part de l’océan Indien et Pacifique. Des pages fra­ter­nelles, ouvertes sur l’autre, qui jus­ti­fient plei­ne­ment le titre de ce pre­mier numé­ro : Partaz. Formellement, cette revue en ligne se pré­sente et se lit comme un livre. C’est fort bien réa­li­sé. On y lira, en diverses langues, des poètes et des écri­vains ori­gi­naires de l’Océan Indien (Maurice, Seychelles), de la Caraïbe et des Amériques (Canada, Haïti, Martinique), du Pacifique et de l’Asie (Philippines, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Vietnam), d’Afrique et du Proche Orient (RDC, Zimbabwe, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie) et d’Europe (France, Italie). On y retrou­ve­ra des poètes publiés ou ame­nés à l’être dans Recours au Poème, comme Sonia Khader ou Mounia Boulila par exemple. Pour ma part, ma sub­jec­ti­vi­té m’a conduit à aimer tout par­ti­cu­liè­re­ment les textes de poètes comme Borgella, Leonidas, Anne Bihan, Pham van Quang, Garnier-Duguy, Ben Eyenga Kamanda ou Tendaï Mwanaka. Le tout est accom­pa­gné de notes de lec­tures et de superbes œuvres d’art contem­po­raines, pour une bonne part réa­li­sées par des artistes mexi­cains. Tout cela a le souffle des mondes autres, une grande res­pi­ra­tion.

Franchement, amou­reux de la poé­sie, vous auriez tort de vous pri­ver de la lec­ture d’une revue qui nous par­vient comme un don.

Vents Alizés, revue semes­trielle online en accès libre :

http://​issuu​.com/​p​a​l​l​a​i​k​a​r​o​l​y​/​d​o​c​s​/​v​e​n​t​s​_​a​l​i​z​_​s​_​-​_​p​a​r​t​a​z​/45

Lire Karoly Sandor Pallai dans Recours au Poème :

https://www.recoursaupoeme.fr/po%C3%A8tes/k%C3%A1roly-s%C3%A1ndor-pallai

 

*****

Contre-Allées pour­suit sa belle aven­ture sous la hou­lette de son couple de créateurs/​fondateurs, Romain Fustier et Amandine Marembert. Ce nou­veau numé­ro met à l’honneur le poète Jacques Ancet, en un poème inti­tu­lé « un entre-deux sans fin » com­po­sé de sept par­ties. Sept, il n’est pas de hasard pour ce poème d’apparence quo­ti­dienne mais qui en son par­cours conduit son lec­teur vers un dévoi­le­ment ini­tia­tique du réel. Il se ter­mine donc for­cé­ment sur une ques­tion. Viennent ensuite une quin­zaine de poètes, cer­tains pré­sents ou à venir dans Recours au Poème (Marie Huot, Philippe Païni, Emmanuel Merle, Christian Vogels…), puis des ques­tions croi­sées per­met­tant d’entendre Luce Guilbaud, Cécile Guivarch, Cédric Le Penven, James Sacré, Anne Belleveaux, Sandrine Fay, Jean Le Boël et Jean-Louis Massot. Des per­sonnes qui oeuvrent pour la poé­sie depuis belle lurette. Contre-Allées aime aus­si les autres revues, si bien que ses notes de lec­ture parlent de plu­sieurs de ses confrères, sou­vent en sym­pa­thie. Un beau numé­ro, avec la voix forte de Marie Huot.

Contre-Allées, numé­ro 31/​32, revue de poé­sie contem­po­raine diri­gée par Amandine Marembert et Romain Fustier. Le numé­ro 10 euros.

16 rue Mizault. 03100 Montluçon.

contre-​allees@​wanadoo.​fr

http://​contreal​lees​.blog​spot​.fr/

 

*****

Le récent numé­ro de ce Journal des Poètes dont nous disons régu­liè­re­ment du bien, car nous nous sen­tons humai­ne­ment proches de lui, en sa cha­leur fra­ter­nelle, et loin des petits cha­pelles pré­ten­tieuses, est, comme d’habitude est-on ten­té de dire, de fort belle qua­li­té. On lit ici un superbe hom­mage de Jean-Luc Wauthier à la poé­sie de Richard Rognet, un dos­sier pas­sion­nant sur les poètes de l’Est en Belgique, concoc­té par Albert Moxhet, dos­sier per­met­tant de lire Robert Schaus, Bruno Kartheuser ou Léo Gillessen. Puis le Journal revient sur la Biennale de Liège 2012, en don­nant la parole à son pré­sident Dany Laferrière, entre autres. Et aus­si, car c’est de Parole dont il s’agit, à nombre de poètes venus aux Biennales, dont par exemple Mohamed El Amraoui, Bluma Finkelstein, Anise Koltz, Jacques Rancourt, André Ughetto ou encore Shizue Ogawa (pour la poé­sie de laquelle j’ai un faible avoué). Trois belles pages, un poème poète. Une vraie page d’histoire. Notons aus­si qu’Yves Namur, col­la­bo­ra­teur régu­lier du Journal, a reçu le prix Mallarmé 2012 pour son recueil La tris­tesse du figuier, paru chez Lettres Vives, édi­teur de haut vol. Il n’y a pas de hasard.

Le Journal des Poètes. Numéro 4/​2012, 81e année, oct-déc 2012

Jean-Luc Wauthier. Rue des Courtijas, 24. B-5600 Sart-en-Fagne.

wauthierjeanluc@​yahoo.​fr

http/​/​www​.mipah​.be

Le numé­ro : 6 euros.

Le poète Jean-Luc Wauthier, rédac­teur en chef du Journal, donne main­te­nant des chro­niques régu­lières à Recours au Poème. Ici :

http://​www​.recour​sau​poeme​.fr/​u​s​e​r​s​/​j​e​a​n​-​l​u​c​-​w​a​u​t​h​ier

*****

Déjà le 23e numé­ro de N4728, belle revue, au for­mat rede­ve­nu ori­gi­nal, qui s’est pro­gres­si­ve­ment impo­sée dans le pay­sage poé­tique contem­po­rain. C’est même un des espaces par­mi les plus ori­gi­naux et les plus contem­po­rains de ces der­nières années. Christian Vogels, aidé d’Albane Gellé, Antoine Emaz, Alain Girard-Daudon et Yves Jouan, pro­pose des écri­tures poé­tiques variées et ici consi­dé­rées comme inno­vantes. Une par­tie des voix que l’on peut entendre ici, car pour N4728, poé­sie et ora­li­té sont intrin­sè­que­ment liées, ce en quoi nous sommes bien d’accord, pro­viennent des lectures/​rencontres de poé­sie contem­po­raine orga­ni­sées à Angers par le Chant des mots, ou bien du côté de Rochefort (rien d’anodin en poé­sie, de ce côté de l’hexagone) et Saumur. C’est la par­tie « Mémoire vive », laquelle pro­pose cette fois les voix de Edith Azam (un texte en prose, puis­sant, à paraître bien­tôt chez POL), Caroline Sagot Duvauroux (dont la majeure par­tie de l’œuvre, elle aus­si en prose, et elle aus­si de grande puis­sance, est publiée chez Corti) et Alexis Gloaguen. La par­tie « Plurielles » donne quant à elle à lire des voix diverses, lieu de l’ouverture de la revue (ce qui plaît bien évi­dem­ment aus­si à Recours au Poème), et l’on écou­te­ra avec atten­tion les voix amies de Béatrice Machet, Matthieu Gosztola, Arnaud Talhouarn ou Mathilde Vischer. Cette der­nière don­nant un ensemble qui reste long­temps pré­sent à l’esprit. De toutes les manières, l’ensemble des pages de cette revue est d’une très grande qua­li­té, et on lira avec atten­tion les textes de Patrick Argenté, Estelle Cantalla, Nicolas Grégoire, Daniel Pozner, Marie de Quatrebarbes, Maryse Renard, Nathalie Riou, Pierrick Steunou, Jasmine Viguier, Jérôme Villedieu et Pierre Antoine Villemaine. La revue se clôt sur des notes de lec­ture choi­sies, en par­ti­cu­lier au sujet d’Ariane Dreyfus, Serge Nunez Tolin et Vincent Pélissier, dont les tra­vaux nous inté­ressent for­te­ment. Puis quelques mots de Antoien Emaz au sujet de trois poètes des édi­tions Potentille (dont il faut saluer le beau tra­vail), Geneviève Peigné, Philippe Païni et Albane Gellé. Un bel ate­lier, à visi­ter sans modé­ra­tion.

N4728. Publiée par l’association Le Chant des Mots. Semestrielle.

Abonnements : N4728. Madame Dandeville. 29 rue du Quinconce. 49100 Angers. 25 euros pour un an.

Prix du numé­ro : 12 euros

N4728@​zythumz.​fr

*****

Le 103e numé­ro de Soleils & cendre, paru au prin­temps 2012, ouvrait ses pages au « chaos ». Venant d’une telle revue, à la fois de poé­sie et de recherche inté­rieure en poé­sie, on se doute que l’ordo/ordre n’est pas loin… Le sous titre, « frac­ta­tion du point de vue », est, sous cet angle, très clair. Menée par Henri Tramoy et Yves Béal, Soleils & cendre émane des édi­tions Les Solicendristes. Ici, l’on a goût pour l’alchimie et l’hermétisme, au sens noble de ces mots/​visions/​expériences. Autour du chaos, on lira des textes d’une ving­taine de poètes et écri­vains, par­mi les­quels l’ami Matthieu Baumier (que je ne suis guère sur­prise de retrou­ver dans un tel thème d’écriture), Sylviane Werner, Daniel Thürler, Philippe Jaffeux, Jean-Guy Angles, Henri Tramoy ou Jacques Laborde. Une revue ancrée, située, et qui a un ton. Un vrai ton. Et une his­toire, main­te­nant.

Soleils & cendre. Henri Tramoy. 99 bd des Mians. 84260 Sarrians.

Le numé­ro : 6 euros. Revue tri­mes­trielle.

solicend@​orange.​fr

http://​www​.soleils​-et​-cendre​.org/

*****

Ce nou­veau numé­ro de l’exceptionnelle revue Nunc rend un bel hom­mage à la poé­sie de Jean Mambrino, lequel nous a quit­tés il y a peu. Trois textes reviennent sur le poète, signés Pascal Boulanger, Claude Tuduri, en forme de poème, et Jean-Luc Maxence. Tous insistent sur la lumi­no­si­té chré­tienne de l’homme et du poète. Le texte de Maxence, inti­miste, touche juste, me semble-t-il, en évo­quant chez Mambrino la part du feu, le néo­pla­to­nisme. Il y a avait une cer­taine idée de la Renaissance chez ce poète. Vient ensuite le dos­sier cen­tral de ce numé­ro de Nunc, un dos­sier « ciné­ma »… en appa­rence ! Car évo­quer le ciné­ma de Béla Tarr, ce n’est pas uni­que­ment, loin de là, par­ler de ciné­ma. C’est par­ler de poé­sie. Parler du Monde. Le dos­sier est diri­gé par Hubert Chiffoleau. On lira la retrans­crip­tion d’un échange entre le réa­li­sa­teur et son public, pas­sion­nante, ain­si que des textes de Joël Vernet, Hubert Chiffoleau (entre­tien), Jérôme de Gramont, David Lengyel. Ce dos­sier fait immé­dia­te­ment réfé­rence. Et, sin­cè­re­ment, lec­teur qui aime la poé­sie puisque tu lis ces lignes, si par mal­chance tu ne connais pas encore le ciné­ma de Béla Tarr, le moment est venu d’une décou­verte, de celles qui marquent une exis­tence.

Nunc publie aus­si une suite de très beaux poèmes de François Bordes, sous le regard de l’Evangile de Thomas, sou­vent consi­dé­ré comme « l’Evangile des gnos­tiques » mais la for­mule est trop rapide, comme bien des for­mules. Qui lit ce texte en sait les pro­fon­deurs éso­té­riques. On parle ensuite de Virgile, de diverses manières (Madeleine Désormeaux, Jérôme de Gramont), puis on replonge dans des poèmes, ceux de François Amaneger, avant d’entrer dans la par­tie « Axis Mundi » de la revue, cen­trée sur un cahier consa­cré à Michael Dummett. Deux textes signés Michel Fourcade et Christine van Geen, puis un texte de Dummett. Tout cela est déjà fort riche et n’est cepen­dant pas ter­mi­né, car Nunc est un « monstre » comme Recours au Poème les aime : un entre­tien avec Jacques Arènes, des poèmes de Borges (ceux sur Spinoza) dans une nou­velle tra­duc­tion, un texte impor­tant de Franck Damour au sujet de la récur­rente contro­verse autour de la fonc­tion anthro­po­lo­gique du droit et de très beaux poèmes de Christophe Langlois, poète que l’on retrou­ve­ra aus­si bien­tôt dans Recours au Poème. Les notes de lec­ture évoquent enfin Gamoneda, Bocholier, Marion, Del Valle… Ici, en cette revue, les choses sont cen­trées, et cela est bien.

Nunc, revue atten­tive n° 29. Le numé­ro : 22 euros.

www​.cor​le​vour​.fr

*****

Poësis n’est pas une revue au sens strict de ce mot mais il me plaît d’en par­ler ici. Il s’agit d’une « petite antho­lo­gie de poèmes maçon­niques » contem­po­rains édi­tée par l’Institut Maçonnique de France, sous la hou­lette de l’ami Alain-Jacques Lacot, dans le sillage des acti­vi­tés menées là pour pro­mou­voir le livre maçon­nique, et donc une vision sereine d’un huma­nisme pour demain. Autant dire que l’on a bien besoin de toutes les énergies…Les poèmes ici regrou­pés sont ceux pri­més lors du concours de poé­sie orga­ni­sé par l’IMF à l’occasion du dixième salon maçon­nique du livre de Paris. 20 textes en tout, ponc­tués par un superbe cadeau d’un poète que nous aimons beau­coup dans les pages de Recours au Poème, Jacques Viallebesset, poème inti­tu­lé La tri­bu nomade que nous don­ne­rons à lire dans quelques temps. On lira dans cet ensemble des poèmes divers, ancrés dans une pro­fonde quête spi­ri­tuelle et inté­rieure, en par­ti­cu­lier ceux de Jean-Philippe Ancelle, AxoDom Yves-Fred Boisset (par ailleurs direc­teur de la revue mar­ti­niste L’initiation), Marc de la Paix, Jacques Fontaine, Thierry Maillard… Tout cela est d’autant plus impor­tant qu’il est évident que poé­sie, éso­té­risme et maçon­ne­rie appar­tiennent au même Corpus d’être. On espère voir l’initiative se déve­lop­per, et cette autre antho­lo­gie de la poé­sie maçon­nique autre­fois parue chez Dervy connaître une nou­velle édi­tion « allon­gée ». Ici, nous ne man­que­rons pas d’idées et de liens vers des poètes pro­fonds à conseiller. On peut deman­der mon email à la rédac­tion, ce sont gens cour­tois. Ils trans­met­tront, si j’ose dire.

Poïesis. Petite antho­lo­gie de poèmes maçon­niques.

Publication de l’Institut Maçonnique de France.

http://​www​.​i​-​m​-​f​.fr/

*****

Bienvenue à L’Hôte ! Il faut, de tout temps, saluer l’initiative de se lan­cer dans la créa­tion d’une revue. C’est un acte néces­saire et, cela n’est pas rien, for­ma­teur. L’Hôte est sous titrée « Esthétique et lit­té­ra­ture », et n’est donc pas cen­trée sur la poé­sie. Mais elle mérite le salut. Le som­maire s’ouvre sur sept pages de textes du poète Gérard Pfister, par ailleurs direc­teur des excel­lentes édi­tions Arfuyen. Le ton est ain­si don­né. Vient ensuite un texte très inté­res­sant de Didier Ayres au sujet du nar­cis­sisme de l’auteur de théâtre, une étude de Gabrielle Althen sur Jean Fouquet… Une revue d’esthétique sans doute, mais pas seule­ment. On sent dans ces lignes la volon­té de quit­ter les terres conve­nues de cer­taine esthé­tique presque offi­cielle, et de repo­ser une vraie ques­tion : celle du Beau. Cette revue n’est donc pas « de poé­sie » mais l’acte, lui, est poé­tique. Longue vie.

Revue L’Hôte. Numéro 1. Direction : Yasmina Mahdi, Ivan Darrault-Harris, Didier Ayres.

27 rue Lucien Dumas. 87200 Saint-Junien.

Le numé­ro 5 euros.

didier.​ayres@​free.​fr

 

X