En cette troisième livrai­son de l’année 2012, Le Jour­nal des Poètes, emmené par Jean-Luc Wau­thi­er et un quar­teron de poètes/critiques que nous appré­cions forte­ment ici (Yves Namur, Marc Dugardin, Rose-Marie François…), pour­suit avec régu­lar­ité son tra­vail de mise à dis­po­si­tion des poésies contemporaines.

On décou­vri­ra là deux voix nou­velles (Béa­trice Berti­aux, Patrick Beau­camp), les « Paroles en Archipel » de poètes comme l’irlandais Har­ry Clifton (dans la belle tra­duc­tion de Michèle Duc­los), le coréen Kza Han, un poème qui est une étin­celle de Gas­pard Hons, d’autres de Thier­ry-Pierre Clé­ment, Valérie Michel ou Claude Miseur :

Ne tran­sige pas
à l’orée de ce qui vient,
au pied de ce qui va te construire
de mots et d’espérance,
face à l’étroite habitude,
ban­lieue de l’indifférence.
Ton pas furtif
affolé d’impatience
gagne un versant
non for­mulé du monde.

La par­tie cri­tique est à lire avec atten­tion, on y décou­vre sou­vent des livres qu’on ren­con­tre trop peu dans les librairies français­es et l’on y fait de belles découvertes.

Au cœur de ce nou­veau numéro, un dossier excep­tion­nel con­sacré aux Voix poé­tiques maro­caines des années 90, con­coc­té par Taha Adnan. Le poème « Poète dif­férent » de Yassin Adnan vaut à lui seul le détour, en par­ti­c­uli­er vu depuis la France des médias, tant ce poème remet les choses à l’endroit. Mais le dossier en son ensem­ble est très intéres­sant. Comme sou­vent en cette respectable revue (81 ans tout de même !), tout cela est de haute tenue, et se ter­mine par la Chronique des revues signée Yves Namur, lequel sem­ble regarder du côté d’internet. Longue vie au Jour­nal des Poètes.

Le journal d'un poète

Le Jour­nal des Poètes

Jean-Luc Wau­thi­er
Rue des Cour­ti­jas, 24 – B‑5600 Sart-en-Fagne
Le numéro : 6 euros.

Sophie d’Alençon

Sophie d’Alençon est née à Wash­ing­ton en 1986. Jour­nal­iste, elle vit et tra­vaille actuelle­ment à Seattle.