> Passage en revues : The Black Herald, Traversées, Les Cahiers de la rue Ventura et l’intranquille

Passage en revues : The Black Herald, Traversées, Les Cahiers de la rue Ventura et l’intranquille

Par |2018-11-19T10:21:48+00:00 13 octobre 2013|Catégories : Blog|

Franchement, pour qui ne vit pas uni­que­ment dans le riqui­qui et pré­ten­tieux espace poé­tique hexa­go­nal, lequel fait sou­vent pitié vu d’ailleurs, que l’on pense à l’immensité de la richesse des milieux poé­tiques d’Amérique du Nord par exemple, en par­ti­cu­lier ces Etats-Unis si vite et si bête­ment décriés par ici, oui, dès que l’on revient d’ailleurs cela fait un bien fou de croi­ser une revue (et son édi­teur) telle que The Black Herald, une revue à la faconde toute anglo-saxonne jus­te­ment ; tant en ce qui concerne son phy­sique, réso­lu­ment « amé­ri­cain » et « presse » (un noir et blanc de toute beau­té) que son conte­nu, ou encore son fonc­tion­ne­ment (un sub­mis­sion gui­de­lines). On souffle un grand coup et cela dépayse des petites mimiques locales. La France, quand même, cela vous a, en terres de poé­sie, un petit côté pro­vin­cial dont le charme s’est estom­pé depuis long­temps, sauf pour qui ne met pas vrai­ment les pieds dehors.

The Black Herald est une revue lit­té­raire, pas uni­que­ment consa­crée à la poé­sie, mais les poèmes sont ici à l’honneur, ses ani­ma­teurs étant eux-mêmes poètes. Les textes sont publiés en fran­çais et en anglais, en fran­çais ou en anglais, cela dépend. Au som­maire de ce numé­ro 3, plein de belles et fortes choses : des poèmes de Gregory Corso, tra­duits par Blandine Longre, superbes poèmes sui­vis d’un volon­ta­riste « Pour une rééva­lua­tion de Gregory Corso : poète » par Kirby Olson, Calaferte, Vallejo, Sébastien Doubinsky, croi­sé autre­fois du côté du jour­nal Place aux Sens, un superbe poème de Blandine Longre en anglais, Joyce, Stramm, le très beau poème de Paul Stubbs [L’énigme du corps de Dieu (réso­lue ?) ], Paul B. Roth, Michel Gerbal, Dominique Quélen, Nathalie Riera, Mylène Catel, et bien d’autres dont… W. S Graham dont on ne peut que chau­de­ment recom­man­der le recueil récem­ment paru chez le même édi­teur.

  

 The Black Herald, n° 3 (daté « sep­tembre 2012 » mais le numé­ro 4 est annon­cé sous peu et déjà pré­sen­té sur le site de l’éditeur).
Dirigée par Paul Stubbs et Blandine Longre
Revue publiée par les édi­tions Black Herald Press
Chaque numé­ro : 15 euros.
Mail de l’éditeur : blackherladpress@​gmail.​com
Site : http://​black​he​rald​press​.word​press​.com/

 

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La revue belge Traversées fête ses vingt ans. Une durée de vie remar­quable par les temps qui courent, et une volon­té indis­cu­table de défendre la lit­té­ra­ture en géné­ral (récits, nou­velles) et la poé­sie en par­ti­cu­lier, tout au long de sa cen­taine de pages. Vingt ans… et un numé­ro 69 dont le dos­sier est consa­cré au poète Lambert Schlechter. Après un édi­to­rial tout en enthou­siasme signé Patrice Breno, la revue pro­pose des textes (proses et poèmes) de Schlechter accom­pa­gnés d’essais ou de poèmes signés Véronique Daine et Paul Mathieu. Une utile biblio­gra­phie du poète suit. Un beau dos­sier entre amis, mais la poé­sie est aus­si lieu de fra­ter­ni­té ou elle n’est pas. A ne pas confondre avec le copi­nage. Ensuite, au rayon poé­sie, on lira des textes de Ben Arès, Max Alhau, Karim Cornali, Gilles Bizien, Aymeric Brun, Samuel Dudouit, Claude Miseur, Jacques Ceaux, Rita El Khayat pré­sen­té par Rome Deguergue, et d’autres. Il faut saluer le tra­vail d’une revue dans laquelle nombre de jeunes poètes ou auteurs de nou­velles ont com­men­cé à publier au long des vingt années écou­lées, avant sou­vent de s’évader vers d’autres cieux. Une revue qui per­met des décou­vertes, motive sans aucun doute la jeu­nesse en quête d’écriture (je pense à Karim Cornali) et fina­le­ment défend un noyau poé­tique d’auteurs que l’on retrouve de loin en loin. A décou­vrir pour ceux qui ne la connaissent pas.

 

Traversées, n° 69, sep­tembre 2013.
Dirigée par Patrice Breno, Marie-Line Schneider, Nadine Doyen, Paul Mathieu, Serge Maisonnier et Véronique Daine.
Chaque numé­ro : 7 euros.
Abonnement/​ 4 numé­ros : 22 euros.
Adresse : Faubourg d’Arival, 43, à 6760 Virton (Belgique).
Mail : traversees@​hotmail.​com
Site : http://​tra​ver​sees​.word​press​.com/

 

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Claude Cailleau a fon­dé Les Cahiers de la rue Ventura en 2008, un pre­mier numé­ro dont il écri­vit alors tous les textes. Ce numé­ro 1 était consa­cré à Julien Gracq (bio­gra­phie, évo­ca­tion des échanges entre Gracq et Cailleau et d ‘autres choses…). Le direc­teur de cette revue est à la fois un pas­sion­né, depuis tou­jours, des lit­té­ra­tures et un écri­vain. Suite à ce pre­mier numé­ro, la revue s’enrichit de nombre de contri­bu­teurs amis (créez une revue, vous ver­rez, et le téléphone/​mail se met à son­ner /​ réson­ner en per­ma­nence, avec par­fois de drôles de réap­pa­ri­tions ami­cales). Chaque numé­ro des Cahiers de la rue Ventura pro­pose un dos­sier (Marcel Arland, La poé­sie, Pierre Reverdy, Serge Wellens, Lavaur et la revue Traces, Après que les poètes ont dis­pa­ru…), des textes poé­tiques et des notes de lec­ture. Ce numé­ro 21 est consa­cré à « Tarn en poé­sie » et Hélène Dorion. Suivent des textes de nom­breux poètes dont Gilles Lades, Bruno Thomas (pro­fi­tons en pour annon­cer un pro­chain recueil à paraître au Nouvel Athanor, pré­fa­cé par Matthieu Baumier), Guénane, Jean-Michel Jouan, François Magne… ain­si que des mor­ceaux inclas­sables signés Marc Bernelas et, entre autres, la chro­nique de Jean-Marie Alfroy.

 

Les Cahiers de la rue Ventura, n° 21.
Dirigée par Claude Cailleau.
Le numé­ro : 6 euros.
Abonnement/​4 numé­ros : 22 euros.
Adresse : Les Amis de la rue Ventura. 9 rue Lino Ventura. 72300 Sable-Sur-Sarthe.
Mail : cl.cailleau @free.fr
Site : http://​clcailleau​.unblog​.fr

 

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Deuxième année d’existence pour cette revue au beau papier, édi­tée au for­mat grand et large cahier, un peu à l’image de Passages d’encre. La revue l’intranquille pro­longe ou pré­cède le tra­vail de l’Atelier de l’agneau édi­teur, mai­son d’édition à l’identité poé­tique mar­quée, et ceci volon­tai­re­ment. On trou­ve­ra dans cette livrai­son des poèmes superbes de Wai-Lim Yip (tra­duits par Nadine Salafa), et la pré­sen­ta­tion de deux poètes amé­rin­diennes (Diane Glancy et Layli Long Solo) par Béatrice Machet, laquelle pour­suit son patient tra­vail de défense et illus­tra­tion des lit­té­ra­tures amé­rin­diennes, ici comme dans les pages de Recours au Poème. Une téna­ci­té et une pas­sion à saluer. Vient ensuite une par­tie « poèmes » don­nant à lire le tra­vail à la fois éton­nant et pas­sion­nant de Vannina Maestri, Jacques Sivan, Olivier Domerg, Sandrine Lehagre, Virginie Poitrasson, Dominique Birkano, Philippe di Meo. D’une cer­taine façon, l’Atelier de l’agneau est une famille poé­tique. A remar­quer, comme nous le fai­sions lors de la paru­tion du numé­ro 3 de la revue, la pour­suite du dos­sier consa­cré à la poé­sie ira­nienne post­mo­derne, sous la hou­lette de Iraj Valipour. Ce dos­sier est à lire abso­lu­ment, on y décou­vri­ra les textes de Maryam Fathi, Râzieh Bahrami et Sârâ Mohammedi Ardehâli. Ensuite, la par­tie « pau­vre­tés » pro­pose des tra­vaux signés Clemens, Pennequin, Tristan Félix ou Helissen, par­mi d’autres. L’ensemble étant com­plé­té par des notes cri­tiques et une par­tie consa­crée à l’histoire lit­té­raire et aux jour­naux intimes. L’intranquille s’installe incon­tes­ta­ble­ment dans le pay­sage poé­tique fran­çais.

 

l’intranquille, revue de lit­té­ra­ture, n°4.
Publiée par l’Atelier de l’agneau édi­teur.
Dirigée par F. Favretto.
Semestrielle.
Le numé­ro : 14 euros
Abonnement/​2 numé­ros : 25 euros.
Adresse : 1 Moulin de la Couronne. 33 220 St Quentin de Caplong.
Site : http://​ate​lier​de​la​gneau​.com/

 

 

 

 

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