En son numéro 15, Meet, revue de la Mai­son des Écrivains Étrangers et des Tra­duc­teurs de Saint-Nazaire, pro­pose comme à son habi­tude une mise en rela­tion lit­téraire et poé­tique de deux villes. Ici, Phnom Penh et Por­to Rico sont à l’honneur.

Les pages ouvrant sur Phnom Penh emmè­nent évidem­ment le lecteur vers des con­trées qu’il ignore ou qu’il con­naît peu. Patrick Dev­ille devient guide : « Que sait-on aujourd’hui de la lit­téra­ture cam­bodgi­en­ne ? Sur près de deux cents écrivains édités à Phnom Penh avant 1975, une poignée a survécu au régime des Khmers rouges. A mon arrivée il y a trois ans, au début du procès, on décourageait plutôt ma curiosité. Tout cela avait dis­paru, écrasé par l’horreur et l’autodafé ». Cela suf­fit pour dire com­bi­en il est impor­tant de lire ici ces écrivains et ces poètes, qui plus est édités en khmer et français. On décou­vre là des voix fortes et la revue réus­sit pleine­ment son souhait : nous entraîn­er à la décou­verte de cette lit­téra­ture pour nous loin­taine, peu prisée des édi­teurs français, et nous pouss­er à vouloir lire plus loin. Du côté de Por­to Rico, le dossier est présen­té par Mélanie Pérez Ortiz en un texte au titre évo­ca­teur : « Ecrire depuis une île qui débor­de », qui explique les par­tic­u­lar­ités de l’endroit : « A cause de la pau­vreté et de la facil­ité de s’installer aux États-Unis dont nous, les Por­tor­i­cains, nous béné­fi­cions en rai­son de notre citoyen­neté états-uni­enne, aujourd’hui qua­tre mil­lions et demi de nos immi­grés y vivent, instal­lés dans dif­férents États qui vont de New York à Chica­go, de Philadel­phie à la Floride, et pen­dant ce temps, l’île compte qua­tre mil­lions d’habitants ». Plusieurs poètes parais­sent en ce beau som­maire, per­me­t­tant là aus­si de sacrées décou­vertes. L’ensemble forme un très beau vol­ume, issu du tra­vail réal­isé par la Mai­son des Écrivains Étrangers et des Tra­duc­teurs, tra­vail d’un lieu qui n’est pas assez sou­vent souligné. 

Revue Meet

Mai­son des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs 
1, bd René Coty/BP 94. 44602 Saint-Nazaire cedex 01.

maisonecrivainsetrangers@wanadoo.fr
www.maisonecrivainetrangers.com

Le numéro : 20 euros.

Sophie d’Alençon

Sophie d’Alençon est née à Wash­ing­ton en 1986. Jour­nal­iste, elle vit et tra­vaille actuelle­ment à Seattle.