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La revue Les cahiers du chemin

Par |2018-11-19T10:59:01+00:00 14 septembre 2013|Catégories : Blog|

En s’intéressant à la revue Les Cahiers du che­min, créée, diri­gée par Georges Lambrichs de 1967 à 1977, Serge Martin ne fait pas que réha­bi­li­ter une figure impor­tante de la mai­son Gallimard, ni que recons­ti­tuer, à tra­vers l’histoire d’une revue, une his­toire édi­to­riale qui recou­pe­rait l’histoire lit­té­raire des décen­nies 60 et 70, – mar­quée entre autres par le struc­tu­ra­lisme et la phé­no­mé­no­lo­gie, mais éga­le­ment par la créa­tion de nom­breuses revues, comme Tel Quel, Change, TXT, mais il en construit la poé­tique. Faire la poé­tique d’une revue est bien une démarche qui peut sur­prendre quand, au sujet d’un tra­vail d’édition, on est plu­tôt accou­tu­mé à une ter­mi­no­lo­gie qui avan­ce­rait des notions et concepts plu­tôt idéo­lo­giques, éco­no­miques ou socio­lo­giques, que l’on retrouve par exemple der­rière l’expression de « ligne édi­to­riale », ou « ligne rédac­tion­nelle » qui fixent des iden­ti­tés valant aus­si bien pour des cénacles lit­té­raires, le mar­ché de l’édition, l’étude des récep­tions des œuvres et des dif­fé­rents lec­to­rats. Alors plu­tôt que ce qui fait vivre une revue, l’essai, fort docu­men­té et impres­sion­nant aus­si par sa pré­ci­sion, s’attache à ce qui fait qu’une revue vit ou est vivante ; il s’attache non seule­ment au fait qu’elle ait vécu, qu’elle fasse date et qu’elle ait une impor­tance inéga­lée dans la lit­té­ra­ture pen­dant et après elle, mais aus­si à son « vivant », à ce qui fait d’elle une aven­ture édi­to­riale et lit­té­raire, au sens d’une aven­ture du lire et de l’écrire.

L’introduction de l’essai part d’un éton­ne­ment : celui qu’ « aucune étude consé­quente n’ait été rédi­gée à pro­pos d’une revue aus­si impor­tante que Les Cahiers du Chemin » (p. 9). Et Serge Martin tra­vaille à situer et à visi­ter cette impor­tance. Si l’aventure des Cahiers s’est pour­sui­vie sur dix ans elle ne s’est pas arrê­tée : cette idée per­met d’en mesu­rer la force, d’abord face et par rap­port à une N.R.f. qui a gagné toute l’attention et dont Lambrichs a été le direc­teur après ses Cahiers, de 1977 à 1982. S’introduire dans une his­toire, celle de la « Maison » Gallimard, et fort d’une his­toire déjà très enga­gée dans la lit­té­ra­ture, tel est le geste de Lambrichs : pour les détails de cette his­toire qui com­mence en 1959, mais d’une cer­taine façon, débute avec la ren­contre de Jean Paulhan[1] et s’inscrit après un pas­sage, dès 1946, par les Editions de Minuit, mais aus­si pour tout ce qui l’a pré­cé­dé, à par­tir de la fin des années 30, il faut lire la pre­mière par­tie du livre, « Georges Lambrichs : des Cahiers et des livres, l’amateur fidèle », qui s’attache à un por­trait de Lambrichs en écri­vain, créa­teur en 1959 de la col­lec­tion « Le Chemin » qui a publié, il faut le rap­pe­ler, Jude Stefan, Jacques Réda, J-M. G. Le Clézio, Michel Butor, Henri Meschonnic, Michel Deguy, Jean-Loup Trassard, Pierre Pachet, Georges Perros, Michel Chaillou[2] ! Le por­trait de Georges Lambrich est une enquête sur son par­cours qui inves­tit autant ses écrits, son tra­vail d’édition que les textes écrits à son sujet.

La revue, la col­lec­tion sont pla­cées sous le vocable du « che­min ». A Gérard Macé qui pose la ques­tion : « pour­quoi sa col­lec­tion s’appelait « Le Chemin » [est don­née] cette réponse laco­nique, simple : « Parce que le che­min conti­nue. » (cité, p. 43) Une autre valeur que la méta­phore sug­gère est ce conti­nu qui s’invente entre « une revue, une col­lec­tion, une mai­son d’édition » (p. 15). La revue est créée en 1967, neuf ans après la col­lec­tion, forte donc d’une his­toire : rap­pe­lons que Le Procès ver­bal de Le Clézio paraît en 1963, que Butor publie Illustrations en 1964 et Perros son pre­mier Papiers col­lés en 1960. Aussi ce conti­nu s’invente-t-il encore dans et par la lec­ture, l’écriture et l’édition. Et Serge Martin se livre à un tra­vail par­ti­cu­liè­re­ment jubi­la­toire autour de la méta­phore du che­min, des titres des livres de Lambrichs – et en par­ti­cu­lier Les Fines Attaches, et Les Rapports abso­lus – pour pen­ser une démarche qui est une rela­tion[3]. Même s’il sou­ligne la convi­via­li­té, l’amitié propres à l’atmosphère de cette revue, il ne can­tonne pas la rela­tion au « rela­tion­nel », aux rap­ports entre indi­vi­dus, mais il la tra­vaille dans le sens du lan­gage et de l’écriture, et la pense comme le rap­port d’un vivre et d’un écrire. Et « le che­min » est aus­si pen­sé non seule­ment comme la méta­phore, mais aus­si comme l’aventure d’une écri­ture, d’une lec­ture recom­men­çant et dont on trou­ve­ra les com­men­ce­ments inces­sants dans cha­cun des trente numé­ros parus de la revue. On peut ain­si être atten­tif à une valeur par­ti­cu­lière des « che­mins », celle qui est de che­mi­ner sans s’arrêter. Dans la pre­mière page à s’attacher de près à la revue, après avoir jus­te­ment tra­cé le par­cours de Lambrichs jusqu’en 1967, Serge Martin écrit :

                Lambrichs tient ferme une ligne indé­pen­dante, sou­cieuse avant tout de défendre l’écriture comme aven­ture où le plus per­son­nel pré­pare l’impersonnel de l’œuvre : « Dès qu’on avance une idée de la lit­té­ra­ture, on rate la lit­té­ra­ture ! » […] seule la lit­té­ra­ture en train de se vivre, et donc de se faire et de se pen­ser, l’intéresse. Pour para­phra­ser Starobinski, Lambrichs est un artiste de la lit­té­ra­ture « en mou­ve­ment ». Aussi orga­nise-t-il des ren­contres infor­melles régu­lières avec sa revue, non pour accor­der des sin­gu­la­ri­tés fortes mais pour les asso­cier dans des réso­nances ori­gi­nales. Telle serait la revue qu’il crée puis anime, avec ses trois numé­ros par an et ses déjeu­ners heb­do­ma­daires. Les Cahiers du che­min consti­tuent avec la col­lec­tion épo­nyme, le cœur de son œuvre chez Gallimard. (p. 50)

C’est par là qu’on peut mesu­rer en quoi l’essai de Serge Martin fait la poé­tique de la revue, en la consi­dé­rant d’abord comme une œuvre de lec­ture et d’écriture dont chaque numé­ro com­po­se­ra des che­mins infi­nis de tra­verses, à l’écart des sché­mas arrê­tés et des aca­dé­mismes ou dogmes lit­té­raires.

Si l’on peut faire jouer les mots entre eux, ce livre per­met de faire son che­min dans les Cahiers : « pour conti­nuer le che­min des Cahiers, « un che­min débor­dant de voix vives. »(p. 84). Suivre l’aventure des Cahiers du che­min est plus par­ti­cu­liè­re­ment le tra­vail de la deuxième par­tie du livre, « mul­ti­plier les che­mins des Cahiers de voix ». Cette par­tie est la décou­verte d’une éthique et d’une poé­tique par une lec­ture ser­rée des Cahiers, et une grande réus­site de l’essai. D’abord parce qu’il tient ensemble la revue et les œuvres publiées, les auteurs et leur édi­teur, en met­tant l’accent sur le tra­vail d’élaboration des numé­ros qui relève de l’élaboration d’une œuvre, en ceci qu’elle tra­vaille à des rap­ports. Ainsi une dia­lec­tique s’ouvre qui per­met de tra­cer des che­mins, et de faire réson­ner des voix, des écri­tures ; cette dia­lec­tique n’étant pas de l’ordre de la syn­thèse ni de la réso­lu­tion, mais bien du rap­port et des « feux réci­proques », pour reprendre à Mallarmé. De fait la revue se lit à tra­vers les écri­tures, les œuvres, et non à tra­vers une « ligne » qui impo­se­rait une idée éta­blie de la lit­té­ra­ture, auteurs qui en forment pour ain­si dire la constel­la­tion et la théo­rie. On peut se rendre compte par exemple com­ment l’éthique d’une œuvre, ou les notions qu’elle sus­cite, sont en réso­nance avec l’éthique et la poé­tique de la revue : de Chaillou est cité Le Sentiment géo­gra­phique défi­ni par son auteur comme « un récit d’écoute inté­rieure ». Et Serge Martin de reprendre : « ne donne-t-il pas l’orientation de Lambrichs et des Cahiers : non une revue de dif­fu­sion, vers l’extérieur, de paroles et de voix hautes et sûres d’elles-mêmes, mais un ensemble de « cahiers » d’essais de voix qui, « de loin », s’entendent non pour faire chœur mais pour aug­men­ter l’écoute. » (p. 95) Ces « cahiers » sont ceux de la lec­ture comme atten­tion et écoute fines, mais jamais auto­ri­taires. Ou alors ce serait l’autorité d’ « un débu­tant qui invente son che­min » (p. 23). Par ailleurs l’essai montre la paren­té avec les Cahiers de la quin­zaine de Péguy, de 1900 à 1914, les Cahiers de Paulhan de 1946 à 1952. On peut insis­ter sur une qua­li­té d’accueil des écri­tures et des lec­tures : « cette force du « chaque fois quatre » que le dis­tri­bu­tif latin (qua­ter­ni) indique. J’y vois cette plu­ra­li­té à l’œuvre, dans le silence du pliage, qui est aus­si l’existence maté­rielle d’un corps-lan­gage dont la fra­gi­li­té et la com­mu­nau­té ont fait école sous aucun magis­tère, mais en gar­dant la fraî­cheur des cahiers d’écolier ren­dus à la liber­té de l’essai en écri­ture. » (p. 54) Il ne faut pas oublier à cet égard que l’essai est autant texte de créa­tion que cri­tique, et que jus­te­ment la force des Cahiers est de faire inter­agir et d’organiser les deux. La rubrique « hommes de parole » qui à par­tir du qua­trième numé­ro devien­dra la non moins bien nom­mée rubrique « Autrement dit » invente la même liber­té que la par­tie de créa­tion. Ces che­mins désac­cou­tument le lec­teur habi­tué aux caté­go­ries étanches, aux genres, ce qui d’emblée pose la dif­fé­rence entre le « che­min » et la « Maison » : « Bref, le lec­teur, sur­tout s’il a pris ses habi­tudes dans la N.R.f. est cer­tai­ne­ment décon­te­nan­cé. » (p. 55) Critique et créa­tion pro­cèdent toutes deux de cette « écoute inté­rieure », véri­table emblème de la revue.

La revue par ses auteurs est une entrée lar­ge­ment déve­lop­pée, avec de véri­tables lec­tures de numé­ros : les pre­mier et der­nier numé­ros sont lus avec une grande atten­tion et font entrer en pro­fon­deur dans la lit­té­ra­ture dans la mesure où l’on se rend compte de ce avec quoi et de ce contre quoi cette revue se construit, les pour et les contre se ren­for­çant et créant jus­te­ment une liber­té inalié­nable ; ces posi­tions des Cahiers se résument par les titres de la troi­sième et der­nière par­tie : « le mou­ve­ment des voix vs. le sché­ma des struc­tures » (p. 161-168) ; « l’aventure des voix vs. Les dik­tats des for­ma­lismes ». Il s’agit tou­jours de situer les Cahiers par rap­port aux dif­fé­rentes doxa lit­té­raires, situa­tion dans laquelle la revue fait figure de para­doxe : c’est bien une posi­tion cri­tique que la sienne qui ne reven­dique pas l’idéologie mais la liber­té et la fait tra­ver­ser l’histoire. Serge Martin en fait com­prendre jus­te­ment l’historicité : par sa plu­ra­li­té et son inté­gri­té la revue se situe alors contre les aca­dé­mismes et les avant-gardes, les­quelles ont fini par se résor­ber en aca­dé­mismes et dogmes. Significativement les Cahiers ont accueilli les pages de Meschonnic qui ont été ensuite celles des cinq volumes de Pour la poé­tique et du Signe et le poème[4] et qui opé­raient jus­te­ment dans le sens d’une cri­tique et d’une poé­tique du struc­tu­ra­lisme et de la revue Tel Quel pour tra­vailler à une épis­té­mo­lo­gie de l’écriture et à une écoute du poème. A une poé­tique.

C’est bien la pro­fon­deur de l’histoire de la lit­té­ra­ture qui est abor­dée, et non sim­ple­ment un moment de l’histoire lit­té­raire rame­né à une his­toire des cou­rants. Serge Martin invite à lire des textes, des œuvres dans leurs rap­ports, le fort d’une revue étant d’opérer des ren­contres et d’inventer une contem­po­ra­néi­té non impo­sée. Une série d’expressions par­ti­cu­liè­re­ment heu­reuses s’y trouvent pour pen­ser de mul­tiples rap­ports qui ne sont jamais de l’ordre du consen­sus, la plu­ra­li­té n’excluant pas, avec les réso­nances, les dis­so­nances. Les voix sont le fil rouge de l’étude – « voix de loin (Perros, Pachet, Stefan, Chaillou) » ou « voix de côté (Butor, Trassart, Réda) » pour les écri­vains ayant par­ti­ci­pé de nom­breuses fois à la revue. Cette clas­si­fi­ca­tion n’en est pas une, car si elle s’intéresse à un cer­tain rap­port à la revue, y trouve un déno­mi­na­teur, elle n’en est plus une quand on s’aperçoit que chaque auteur se pré­sente comme « un solo en écho ». Un autre point inté­res­sant est que l’étude se consacre aux écri­vains n’ayant don­né qu’une contri­bu­tion, tel Henri Michaux qui a signé le texte au titre signi­fi­ca­tif de « Dans l’eau chan­geante des réso­nances »[5]. « Des solos en échos » : parce que les œuvres irré­duc­tibles, inso­lubles entrent dans une chambre d’échos, assem­blée, pen­sée par l’éditeur. Mais la chambre, si elle per­met la ren­contre, l’intimité, l’accueil n’en est pas moins ouverte, « che­mi­nante ». Les lec­tures très pré­cises des œuvres publiées sont choi­sies pour elles-mêmes et pour ce qu’elles disent de la revue. L’exercice est dif­fi­cile, mais le tour de force est de mon­trer aus­si les débats lit­té­raires, cri­tiques, qui s’y inventent, de construire un por­trait de l’époque en même temps qu’un por­trait de ce qui est irré­duc­tible à l’époque ou va contre elle. Le cha­pitre « Traversée 2 : un duo éclai­rant » consa­cré à Deguy et Meschonnic est éclai­rant en tâchant de décou­vrir de  l’intérieur des œuvres « une rela­tion forte entre les deux hommes qui, dans la revue de Lambrichs, se sont mesu­rés l’un à l’autre et l’un par l’autre : tout contre, c’est-à-dire à la fois très proches et irré­mé­dia­ble­ment dis­tincts, dis­so­nants. » (p. 105) Ainsi on retrouve comme en gros plans deux démarches autour du rap­port entre poé­sie et phi­lo­so­phie, autour de la poé­sie et poème, de la maî­trise de la voix ou de l’aventure et du vivre en poème, du « lieu de la poé­sie » (p. 106) avec « Séjourner en che­min avec Michel Deguy » (Ibid.) et du « poème rela­tion » (p. 122) avec « la poé­tique en che­min avec Henri Meschonnic » (p. 115). Pour pen­ser les Cahiers, ses che­mins, Serge Martin don­ne­ra aux mots de rythme, mou­ve­ment, vie, voix, rela­tion, lec­tures, écri­tures toute leur force théo­rique pour une poé­tique conjointe, en solos et échos, des œuvres et de la revue. Une écri­ture en mou­ve­ment qui requer­ra aus­si toute l’attention sera celle de Le Clézio, dans le cha­pitre « Un solo pour Oslo » (p. 129-146) : Les Cahiers ont accueilli de nom­breuses fois une écri­ture qui, pour l’un de ses textes (L’Inconnu sur la terre[6]), par « l’apparition typo­gra­phique est, comme le dit le texte, la « vue » qui aug­mente la « vie », voire pour le moins la per­met­trait dès que lit­té­ra­ture » (p. 140) ; puis : « un che­min d’écriture comme un com­men­ce­ment de lan­gage. » (p. 141). Ou encore, « la voix dans la vie et la vie dans la voix » (p. 144) parce que « la voix pleine de voix d’un Le Clézio n’est pas sans évo­quer une remé­mo­ra­tion orga­nique qui s’invente par les moyens, non de l’image ou de la repré­sen­ta­tion, mais par ceux d’une pro­so­die géné­ra­li­sée ou réso­nance géné­rale. » (p. 145) De telles saillies rendent mani­feste une lec­ture de la revue en ses auteurs qui est une décou­verte per­ma­nente ; l’essai déve­loppe le souffle ou rythme d’une écri­ture qui est l’exact répon­dant du souffle ou rythme d’une lec­ture. La poé­tique a du corps.

Je ne sais pas si on est déjà allé si loin dans la décou­verte et la poé­tique d’une revue. Sa saveur est théo­rique et vivante. Et chaque cha­pitre insiste sur la rela­tion en lec­tures et écri­tures, comme le montrent déjà les termes de « duo », « solo » impli­quant la rela­tion : une revue par ses auteurs, des auteurs par une revue. C’est en même temps qu’un tra­vail cri­tique un hom­mage et l’analyse d’un enga­ge­ment lit­té­raire et poli­tique, poli­tique parce que lit­té­raire. L’essai, comme Serge Martin sait le faire, prend pour conclu­sion une ouver­ture : vers l’œuvre avec une lec­ture des Fines Attaches, vers l’inconnu, avec cette décla­ra­tion de Lambrichs « vers l’inconnu de ce que j’écris » (cité p. 179) On peut com­plé­ter par « l’inconnu de ce que je lis, de ce que j’entends dans ce que je publie ». Retenons aus­si cette for­mule de Serge Martin : « Les Cahiers du che­min ont ouvert une forme de vie répon­dant à une forme de lan­gage, que seul le direc­teur a défi­ni par son œuvre même : Les Fines attaches. » (p. 178) Ce livre, Les Cahiers du Chemin (1967-1977) de Georges Lambrichs Poétique d’une revue lit­té­raire, donne de quoi pen­ser le pré­sent conti­nué d’une œuvre, avec lequel l’histoire de la lit­té­ra­ture et l’historicité des œuvres ne se limitent pas à une his­toire lit­té­raire signant l’arrêté de la lit­té­ra­ture. Avec cette « poé­tique d’une revue lit­té­raire » il s’agit encore d’offrir une écoute et de faire entendre, sous les voix des œuvres publiées, la voix d’un édi­teur et revuiste déci­sif.

 


[1] Jean Paulhan qui publie Les Rapports abso­lus de Georges Lambrichs en 1949, chez Gallimard, dans sa col­lec­tion « Métamorphoses ». Les Fines Attaches sera publié chez le même édi­teur en 1957, deux avant l’entrée de l’auteur, édi­teur, revuiste dans la « Maison ».

[2] Je donne les auteurs par ordre de fré­quence de publi­ca­tion dans Les Cahiers du Chemin. On trouve la liste exhaus­tive des auteurs publiés par la revue et clas­sés selon le nombre des contri­bu­tions à la page 199 du livre.

[3] A noter que le tra­vail sur la rela­tion est un tra­vail pour­sui­vi sans relâche par Serge Martin. Je men­tionne deux livres impor­tants pour pen­ser « la rela­tion dans et par le poème », « la rela­tion dans et par le lan­gage » : Langage et rela­tion. Poétique de l’amour (L’Harmattan, 2005) et L’Amour en frag­ments, Poétique de la rela­tion cri­tique (Artois Presse Université, 2003). Et, Voix et rela­tion Le poème, la poé­tique, à paraître.

[4] Livres de Meschonnic publiés dans la col­lec­tion « Le Chemin », de 1970 à 1977.

[5] Repris en 1975, dans Face à ce qui se dérobe, chez Gallimard, en col­lec­tion « Blanche ».

[6] Publié en 1978.

 

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