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LA SOLITUDE

Par | 2018-06-19T19:48:24+00:00 21 décembre 2013|Catégories : Blog|

 

Il faut prier
Encore prier
Prier en com­pa­gnie de ce lan­gage d'herbes et d'arbres
De crois­sances et d'excroissances
Régions du corps fou­droyé par le bai­ser divin
Matins radieux qui enjambent leurs lits
Lèvres pro­je­tées par la parole
En hom­mage au der­nier sou­pir de l'homme, la femme rat­ta­chée à son espoir .
Prier s'en aller
En com­pa­gnie de cet ange gar­dien
Portant des lam­beaux déter­rés de terre cal­ci­née
A sa bouche amère.
Prier s'en aller
Epousant la cou­leur du fruit selon la sai­son
Avalant sa salive et toutes traces vol­ca­niques
Pour en répandre l'intensité, la magie , la gloire à la vue de l'âme au-des­sus de la dépouille
Prier s'en aller
En com­pa­gnie des meur­tris­sures, des doutes, des illu­sions
Une main ser­rée sur la poi­gnet du songe
L'autre sur le pom­meau de la contem­pla­tion
De l'espoir rani­mé face au monde .

Les ani­maux célestes venant vers nous
Les plu­mages, les har­mo­nies, les pla­nètes internes venant vers nous
Les yeux, les narines, les doigts venant vers nous
Les oiseaux des por­tiques, des can­tiques, des mers ,des roches, des plaines
Les  oiseaux du froid, des rivages, des anses, des rivières, venant vers nous
Les papillons noc­turnes
Mystiques et de flammes venant vers nous
Les vaches sacrées, la licorne, le bouc venant vers nous
L'écureuil, le lézard, le loup venant vers nous
Avec la sau­te­relle, le grillon et la libel­lule
Toutes les âmes vives et fra­giles venant vers nous .
Encore prier s'en aller
Le per­ro­quet sur l'épaule fra­cas­sée
L'agneau dans les bras son museau jusqu'au coeur
L'immense goé­land au devant de la cre­vasse, de l'entrée des espé­rances
L'hirondelle affo­lée dans la cri­nière du temps
Et le couple tour­te­relles égre­nant sa mélo­die.
Encore prier s'en aller, encore une fois se désal­té­rer au Niagara de cette che­ve­lure
Le flam­beau enfan­té dans la nuit comme un frag­ment divi­na­toire
Dans les linges, les draps étoi­lés de l'initiation
L'embryon dans la cha­leur du sang, des pla­nètes creu­sées
Au centre de la moelle encore intacte
De sou­ve­raine lumière .
 

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