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l’Ange manifeste (extraits)

Par | 2018-04-20T06:39:54+00:00 16 mai 2016|Catégories : Blog|

La chambre du chaos

 

 

 

Une chambre froide dort
Et sur le lit imma­cu­lé d’images
Les fusées ligneuses accrochent
Un décor de brume

La déchi­rure ancienne
Le peuple aérien des consé­cra­tions
Descend fleu­rir la route
D’étoiles impré­vues

Spirale de nuit incrus­tée
Dans la chambre d’images
Il faut fendre ton drap
Pour bai­gner nue l’étoile

Et dans un cou­pe­ret gla­cé
Tendre la tête cher­cheuse
Qui tombe sans arrêt
Sur le monde qui s’éboule

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Craquement du ciel

 

 

 

Tout cela, feuilles cra­quantes,
Bourdon bleu à l’oreille,
Soleil au fond d’une botte,
Feu noir de la jambe.

Tout cela, joute
Dans l’hiver cra­qué, sombre.
Un vol d’abeilles en spi­rale
Remonte la gorge d’or.

Tout cela, cra­que­ment
Pluriel, fonte des neiges
– Ensorcèlement concret
De la matière à visage d’ange.

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Récolte

 

 

 

L’ange mani­feste il ne ploie pas
Son sou­rire incor­po­rel de feu
Traverse le monde comme un vent
Qu’on reçoit en pleine figure

Cette figure même est chan­gée
Elle dis­pa­raît pour lais­ser paraître
Des champs où mille corps chantent
Où mille coqs mani­festent leur dieu

L’ange mani­feste nous regarde pas­ser
Sous l’aile d’atmosphère de son feu
Traitement de toutes les minutes
Jusqu’à l’onde où les fruits dis­pa­raissent

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Les géants

 

 

 

Des bribes étin­ce­lantes jamais fanées
Paraissent à toute vitesse sur la frise
Que tu offres en secret à la froide
Balançoire À l’étincelant fra­cas

Rivières infé­condes même pas nées
Par nuit de coude sombre et d’ortie
Roulait comme un daim vers l’orée
La rivière cou­leur d’or de ton Sang

Pendant que cou­lait le fleuve étrange
Jamais éteint des pen­sées Chutait
Comme l’oiseau l’esprit un jet
Soudain Brusque et pro­fa­na­teur

Des bribes étin­ce­lantes jamais fanées
Tombaient en boucle des cein­tures
De créa­tures géantes venues se res­tau­rer
Elles burent l’Eau de la rivière d’un Trait

Qui sont-elles tom­bées de l’écaille
Cosmique ces Créatures de l’eau du feu
N’écrasant pas un insecte pas une fleur
Malgré le poids immense de leurs figures

L’étincellement conti­nu du Miroir
De leur splen­deur nous couvre
Du corail d’images Baignant le fond
De la rivière alter­na­ti­ve­ment Bleue

Des bribes étin­ce­lantes jamais fanées
Désastre d’or et de méta­mor­phose
Se répandent sur le trône de l’Œil
Où rêve l’éclat de la rivière au sol

Les oiseaux tournent leur regard géant
Vers le ciel vide Ruban dénoué du plein
Tourbillon secret de l’humeur
D’or déga­gée des maté­rielles tor­peurs

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

En plein ciel

 

 

 

 

 

Je finis de tra­ver­ser les arcs des nuages,
Piteux ver­rous d’un nou­veau ciel.
Les plus douces sen­sa­tions s’électrisent
Pour for­mer un vaste corps pro­fond
Où les anges et les archanges se sont réunis
Dans l’explosion en pluie de leurs doc­trines.

Le vent déga­gé d’un coup d’aile,
La spi­rale de draps et de lumières
L’odeur de gaz irré­pres­sible et bleu
Dans la lévi­ta­tion magique du rêve,
Une osmose sous pres­sion ten­due d’éclairs
Laisse entre­voir ses bruits de matière frap­pée.

C’est là, dans cette guerre lumi­neuse, que mon corps
Est trans­por­té comme un fusible d’argent
Où les oiseaux et les anges furieu­se­ment
Dérangent la pesan­teur miné­rale
Dans un cri ver­ti­cal d’énonciation
Qui perce la fine pel­li­cule d’ozone –

L’humble tym­pan humain tout à coup
Agrandi à la mesure de son mou­ve­ment
Ascensionnel où le mutisme du cri remonte
En fibres dans le corps agré­gé de plante
Ou de forêt balan­cée dans l’air
Où rien ne vibre de la mesure de tout –

Toutes limites abo­lies dans la per­cep­tion
Sonore du moindre bras­sage cel­lu­laire
La cel­lule per­cée autant que l’atmosphère
Dans le mélange des fluides –
Tout est consti­tué par ma chair
Du Cri qui la vola­ti­lise