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Laper le blanc chaud des nuits

Par | 2018-02-23T11:24:47+00:00 15 février 2014|Catégories : Blog|

 

 Laper le blanc chaud des nuits
quand j'ai froid dedans.
Une force à trou­ver pour mar­cher jusqu'au désir,
jusqu'au tout fort désir.
Le  corps au milieu de sa racine tor­due.
Ton som­meil  allumé/​éteint, res­pi­ra­tion en
panne et gémis­se­ments inquié­tés
de je ne sais pas.
Je m'accroupis me rata­tine, lovée là.
Pèse un nuage et penche.

Coudre le ciel, c'est tou­jours pareil !
Toujours un ciel qui manque avant la chute.
Le  ver­tige dans la cage des côtes, 
voir la mer entre les cils encore
et quelques herbes hautes.
Tu  caresses l'anse de la tasse à lait,
la peur du froid et du vide.
Une cre­vasse au fond de moi, ta plume
ger­çure d'oiseau.

 

Les yeux lourds de ma vie en éclats de givre  
et de verre.
Debout, on veille aux bris, aux larmes dans nos coins, 
aux fris­sons de la terre, aux orages,
aux enfants morts par­tout, pour­quoi ?
Y'a pas à dire moins.

Je fris­sonne d'un rien et tout me répri­mande.
Me bats la cha­made du cœur, coups de tip ! et de tap !
une pul­sa­tion du sang
des coupes pleines,   je ne défriche  pas,
trop pleines, je ne trie pas le sable.
Percher ailleurs, sur l'aorte des branches.
Ton corps bien fait pour moi ! 
Notre langue d'oiseau sous la maille des vagues.
Pas noyée,
pas noyée.
Jusqu'alors.
Pas morte.
Il neige main­te­nant sur mes pieds nus
à mar­cher dans le lait refroi­di.

Dans un réduit sous terre  là-bas, l'otage meurt
c'est loin là-bas,
on ne se rend pas compte.

Des envols en réduc­tion, à cause de la neige,
de la mort de l'otage,
Une colère de mémoire bleuit les jambes,
une bou­gie gré­sille la paix du cœur
et s'éteint.

J'entends ton souffle,
on dirait un ruis­sel­le­ment sur du gra­vier
quelqu'un qui marche en toi.
Le plan­cher craque dans tes  nerfs.
Petite bête aux abois que je ne quitte
pas d'un pouce.

Par toutes les com­mis­sures
et infi­ni­ment,
tu me pâlis.
Un trait dans la nuit
jusqu'à ce che­min d'encre jeté
dans les yeux
plus loin que la parole.

L'écran tra­verse ton visage.
Et nos yeux auront mal
et aus­si toute la figure.
La nuit calée sur les épaules 
dévo­rante
en attente d'un geste,
une nacre pure au bord,
et fauve.
Un phare au milieu de nulle part.
Les yeux brûlent
et plus bas, au ventre.

Les murs de la chambre en retard du monde
silen­cieux mou­ve­ments
à vitesse basse
une lune pas­sée
on lâche la peur
de tom­ber.

L'odeur qui reste. Un calme.
Une lais­sée der­rière,
une force-bar­rière
qui cloue
la bouche.

La trouée du ciel tou­jours la der­nière
à paraître.
Présente et.
Présente mais.
Clouée.
On sait ce qui est ins­crit
dans ce qui vient.