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Le bon chemin (notes éparses)

Par |2018-10-20T17:09:50+00:00 26 mai 2012|Catégories : Blog|

 

Dans le TGV en direc­tion de Paris, page 3 du car­net :

C’est hier. C’est aujourd’hui. Je suis pareil aux autres : en ce matin de jan­vier, je viens de décou­vrir la neige : bon­heur et inno­cence.

Salle d’attente, chez le méde­cin, sous un gros soleil des­si­né au crayon :

Camionneur, je m’invente une route sans des­ti­na­tion. J’ai le soleil sur ma peau et des rires pleins les che­veux.

 Après la visite du Centre Pénitentiaire de Béziers :

Rien à man­ger. Rien à boire. Je vous recom­mande la lumière inté­rieure. Le ciel entre par les bar­reaux.

Je porte en moi un poète mort qui n’a jamais réus­si à mettre au monde la poé­sie.

Un matin, après être allé ache­ter des salades sur le mar­ché :

Dans le sac de mon sou­rire, il y a un œuf, peut-être la ville, quelques herbes folles. Des poi­reaux.

C’est vrai que je suis d’un autre âge. Je res­semble à un singe au para­dis.

Sur une page, à côté d’une phrase  de Pierre Reverdy reco­piée au sty­lo :

J’aime le vin. C’est un risque à cou­rir car aimer déchaîne les forces de l’esprit.

Plus loin, un matin d’été au Vigan :

Qu’il repose en révolte l’enfant qui refu­sait que les arbres souffrent. Que la nuit soit son ver­ger.

Au salon de la bio­gra­phie à Nîmes, au bas d’une page du car­net :

La poé­sie ne mène nulle part si l’on oublie qu’elle est la part heu­reuse de l’homme. La part inquiète de son bon­heur.

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