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Le chant de l’aïeule

Par |2018-08-20T20:32:26+00:00 16 juin 2013|Catégories : Blog|

 

L’aïeule sou­pire

Ce livre refer­mé à la lisière des conti­nents
Qui referme une plaie
Et qui en ouvre une autre

L’aïeule défait ses longues nattes blanches

Le chant silen­cieux de l’aïeule
Sépare les entrailles

Cela je l’avais per­du

Laissé aller
Dans l’épaisseur de la marée

Soleils plon­gés dans les bas­sins

C’est elle
Qui colore les ravines
Les épices à la bouche
Et le tika au front

Ensuite elle dit la flamme

Dans la nuit écor­chée
Chair âcre de jujube

Nul ne sait
Quand l’aïeule est par­tie

A l’entrée de chaque temple
Comme un mor­ceau d’enfance

Ce col­lier de trou­peaux
Passé
Au cou bleu de la ville

 

 

(Le Psaume rouge, à paraître)
 

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