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Le crépuscule de la diaspora

Par | 2018-05-22T06:22:41+00:00 10 mai 2014|Catégories : Blog|

 

Même si je ne l’ai pas sou­hai­té
je vous dis au revoir,
je m’en vais main­te­nant.
Vivre serait par­tir tou­jours,
même l’eau de la rivière ne fait que par­tir tout le jour.
Telle l’âme du cou­rant quelques oiseaux aqua­tiques
me laissent dans les yeux une ombre blanche.

Je suis arri­vé jusqu’à un col où je ne puis plus savoir
si une vie est tou­jours longue et ennuyeuse
ou vai­ne­ment fugace.
En veillant sur vous, en atten­dant,
dans quelle région fron­tière ai-je vécu ?

S’en vont au loin les jours pieux et pleins de vie
où je croyais dur que seule la vie can­dide et ouverte
est le che­min du poète et son der­nier héri­tage
et le soir som­meille en chan­geant de cou­leurs.

Je ne me fie­rai qu’à votre der­nière étreinte.
C’est seule­ment après vous avoir ren­con­tré
que mon chant a vibré de l’accord ravis­sant du corps nu.
D’autres sen­ti­ments dimi­nuent en s’effaçant
et seule la dou­ceur des souffles me res­tent.
À mon âge, cela me tire encore des larmes.

2010

 

Traduit du coréen par Kim Hyun-ja,

extrait de Celui qui garde ses rêves, édi­tions Bruno Doucey, 2014.

 

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