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LE DÉPART DES LUMIÈRES

Par | 2018-05-28T10:03:41+00:00 10 août 2013|Catégories : Blog|

 

Il attend la montre au poi­gnet l’heure qui vient
A force de tra­vail, il a fou­lé sa montre et son poi­gnet.
C’en est fini pour lui de la vie de bohème. Les chro­no­mètres
Aussi l’attendent dans les cou­loirs de l’usine.
Les machines-trans­ferts giclent d’huile,
Les presses à embou­tir courent à grande vitesse der­rière lui.
Elles doivent écra­ser mille tonnes de plaques d’acier
Pour for­mer les armures, les den­tures, les allures des bolides
Qui tra­versent les routes et les villes, les champs et les forêts.
Nul ne connaît le sens de la marche.
Mais que les machines roulent à droite ou à gauche, en avant ou en arrière Pourvu que les tôles suivent l’énergie des moteurs ;
Les sens et l’essence les ali­mentent.
« C’est l’heure ! » vient lui dire le garde au bon­net rouge.
Alors il quitte la tour obs­cure et se dirige vers l’usine,
Puis l’aéroport pour mon­ter dans le super­so­nique
Qui du ciel déborde les limites et pro­voque l’horizon tout en flamme.
La roue magique du soleil éclate dans la presse fluide. 
Et le ciel noir­cit de l’obscurité trans­por­tée de rayons.
Elle détruit la lumière car c’est le grand trou noir
De l’industrie qui façonne la nuit de la galaxie.
Les étoiles se pour­suivent dans le ciel glauque.
Et pour­tant le pres­soir stel­laire est par­ti en fumées et en vapeurs
Alimentant de ses jus brû­lants les cuves des pla­nètes
Qui ne savent rien de l’hiver ni de l’été.
Mais per­sé­vèrent dans les immenses orbites des voyages,
Orbites para­bo­liques voire hyper­bo­liques comme ceux des comètes.
Transports en com­mun nou­veaux qu’empruntent les voya­geurs,
Le tou­risme se déve­loppe enfin dans l’univers,
On a sur­mon­té des tem­pé­ra­tures les dif­fé­rences catas­tro­phiques
Le voya­geur tourne son regard vers une géo­mé­trie incon­nue
Et se réchauffe le cœur à la vitesse des années de lumières.

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