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LE GREFFAGE

Par |2018-10-23T09:54:34+00:00 5 septembre 2014|Catégories : Blog|

 

Je vois flou. La niaise entre dans la
fenêtre et me regarde avec tes
yeux. L’interpellation en elle-même

me gêne. La pos­si­bi­li­té de
m’adresser à n’importe qui, de mettre
mon nom au voca­tif. Mais je ne suis pas gêné

d’être employé dans la phrase : Je pré­pare les
crêpes mieux que la maman. J’en ai assez de
sécré­ter. Maintenant je téte­rais. Je m’asseois

devant un arbre. Est-ce qu’il donne sur
moi ou sur le fleuve. Je pres­sens
que c’est dans la mer que je retrou­ve­rai

le terme de jar­di­nage pour ce qui est fice­lé
contre lui. Ce qui flotte sur la bière, c’est de
la moi­sis­sure ou le reflet de la lampe ? Ça veut

dire quoi le SCHORRE ? Depuis que je ne suis
plus pay­san, je suis beau­coup plus
stu­pide. Je dois le dire à Jean Maison.

La mer nage. L’essoufflé court. Si
c’était un lièvre. Si seule­ment je n’avais pas
levé mon regard ! Si je demeu­rais cer­tain que

c’était un lièvre ! J’ai asper­gé la mer. Je l’ai tachée. Ou
bien ce n’est que le reflet de la lampe. Passe une
moto et je me rends compte qu’il fait froid comme

il y a pré­ci­sé­ment trois ans à Palić. Maintenant, avec la
com­pagne de voyage de l’époque j’échange des pro­pos
conve­nus. Ça doit être la gelée blanche qui

me fit éter­nuer. Fleuve. Lac. Mer. Gelée blanche.
Rosée. Givre. Je trans­plante le tis­su conjonc­tif
de je ne sais où. Les deux points sont endo­lo­ris.

Je te réponds : Il ne me reste que deux
crêpes, mais je n’ai plus de quoi les
gar­nir. Dans mon vil­lage les crêpes

sont au genre mas­cu­lin. Je me sou­viens du jour où
Goran et moi avons appris à pro­non­cer le mot
au sin­gu­lier, sans avoir encore appris à mar­cher.

Pourvu qu’il n’y ait pas d’interruption,
pour­vu qu’il s’écoule, qu’il soit
impos­sible d’oublier ! Quand je surfe

sur une vague, je l’interromps.
Je me greffe sur lui et à côté
du terme de jar­di­nage dis­si­mu­lé,

de l’image du grand-père Moca
qui tient un mor­ceau de bois de façon
ency­clo­pé­dique, je passe impa­vide.

tra­duit du serbe
par Jean Maison et l’auteur

 

 

 

 

KALEMLJENJE

Vidim mut­no. Glupača se popne u
pro­zor i zagle­da se u mene tvo­jim
oči­ma. Sagovorništvo po sebi mi

sme­ta. Mogućnost da se ma kome
obra­tim, da se moje ime sta­vi u
voka­tiv. Ali mi ne sme­ta kad me

stave u reče­ni­cu : Palačinke
pra­vim bolje od mame. Dojadilo
mi da lučim. Sad bih da sisam.

Sednem pred drvo.
Gleda li ka meni ili ka reci.
Slutim da ću u moru

pro­naći bota­nič­ki izraz za ono što
je uz nje­ga pril­ju­bl­je­no kaišem.
Je li to što u pivu pli­va ple­san ili

odraz sve­tiljke ? Šta je bešale sla­ti­na ?
Otkako nisam sel­jak oglu­pa­vio
sam. Moram to reći Žanu Mezonu.

More pli­va. Dahtavac trči. Voleo bih
da je zeka. Da samo nisam podi­gao
pogled ! Da sam ostao sigu­ran da je

zeka ! Isprskao sam more. Uflekao ga. Ili
je to na nje­mu odraz sve­tiljke. Prođe
motor i shva­tim da je hlad­no kao pre

rav­no tri godine na Paliću. S tadašn­jom
saput­ni­com danas vodim ušil­jene
raz­go­vore. To mora da je sla­na popa­la

po meni kad kijam. Reka. Jezero. More.
Slana. Rosa. Inje. Presađujem veziv­no
tki­vo odne­kud. Na oba mes­ta boli.

Odgovorim ti : Ostala su mi još dva
palačin­ka, ali nemam čime da ih
ispu­nim. U mom selu su palačin­ci

muš­kog roda. Sećam se dana kada smo
Goran i ja nauči­li kako gla­si oblik u
sin­gu­la­ru, a još nis­mo ni uči­li da hoda­mo.

Samo dok nema pre­ki­da, dok
teče, da se ne mora niš­ta
zabo­ravl­ja­ti ! Kad hoću da

sur­fu­jem na tala­su, pre­ki­nem
ga. Nakalemim se na nje­ga i 
pored nepre­poz­na­tog bota­nič­kog

izra­za, slike dede Moce kako
ga encik­lo­pe­di­js­ki odmakne
od sebe, prođem mrtav ladan.

 

 

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