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Le miroir de la déraison

Par |2018-10-17T18:16:03+00:00 10 avril 2014|Catégories : Blog|

 

D’Elle à peine émue
Se pare la lettre de givre

Dira-t-elle oui
Au loup du soir
À la longue attente

Ce signe
Cette perle qui fond
À la vue d’une coquille ?

Le tri­bun déjà se fane
Lorsque le manège se tait
Dans l’éther
De son souffle à Elle

Ne pas nuire aux colombes
Qui fêtent la femme
Dans l’immensité désuète
Du désert d’orties.

Et le faon se meurt.

Tel un noyé
Échoué sur les coraux

L’arbre bri­sé en lui
Sur les angles de la matière
Le voi­là ce bel amant
Si fier en sa manière

Agonisant entre deux râles
Dans le lagon de sa conscience

Et Elle
Fleur des îles
Guirlande de lotus dans l’orage
De son ventre Elle illu­mine

Phare de sa des­ti­née
Elle l’aura consu­mé dans la flamme
De sa lampe – il n’est plus ou si peu
Qu’un sou­ve­nir.

Couleuvre sif­flant
Dans les hautes herbes brû­lées de neige
Chant bri­sé d’une cer­taine liber­té
Au soleil de ses doutes

La voi­là éprise de plai­sir
Aux mois­sons de sa peau

Matière de soie
Déportée sur la matière de roche

Pour dire que son corps
N’est que vio­lon de l’âme
Plongé dans le cyclone du songe

L’aspiration abys­sale
Lui offre ce fameux plai­sir

Pour mieux le rece­voir
Le magni­fier.

 

 

gra­vures ori­gi­nales de Jacqueline Ricard,
3 livrets sous cof­frets, 20 exem­plaires, Paris, Éditions de la cour pavée, 2013 

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