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Le Parti pris des marques

Par | 2018-02-20T20:23:10+00:00 17 mai 2013|Catégories : Blog|

 

L’idée me vint alors que j’entrais dans les toi­lettes du ciné­ma UGC Ciné Cité Les Halles :
J’allais écrire le par­ti pris des marques.
Je com­mence par les tubes de pâte den­ti­frice.
Leur façon toute par­ti­cu­lière de ne pas se vider en entier de leur pâte.
De telle sorte qu’il en res­tât tou­jours un peu,
Tassée au fond du tube,
De la pâte à jamais per­due
Pour le bros­sage de mes dents
Pâte payée
Pâte peine per­due
Tu appuies sur le tube, il se tord comme de la gui­mauve, se plie à ta volon­té.
C’est une lopette, ce tube.
Mais rien ne sort pour autant.
Pâte payée per­due à jamais.
Ô pâte, sors du tube !
Mais c’est non
Rien ne sort
Du tube.
De telle sorte que je fusse obli­gé de rache­tas­ser un tube
Avant qu’icelui en ma pos­ses­sion ne soit vidé de toute sa pâte
De telle sorte que je consom­mas­sasse davan­tage
Plus vite et meilleur ce serait
Voilà com­ment l’idée m’est venue
Alors que je ten­tais vai­ne­ment
De dérou­ler le papier hygié­nique coin­cé autour de son axe
Inaccessible papier à cul de chiottes
Collé à son axe comme une tique sur le cou de la vache
Saloperie !
C’est vou­lu !
Va t’en essuyer ton cul
Avec ça
Qui reste col­lé à son rou­leau
Sur lequel rien n’est écrit, allez va.
De telle sorte qu’un plai­san­tin
Pour sûr un exci­té
Fracassâtasse le blanc cylindre de métal qui conte­nait le rou­leau
Pour avoir accès audit rou­leau
Dans les toi­lettes du ciné­ma UGC Ciné Cité Les Halles
Un après-midi amer
Où j’avais soif
Où j’avais faim de véri­té
Qui fût contem­po­raine

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