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Le Poète révolté

Par |2018-08-16T04:58:03+00:00 10 avril 2014|Catégories : Blog|

 

                     J’ai semé sous mes pas les graines de la vio­lence
                     Et for­gé de mes mains la pri­son des dou­leurs,
                     Mon verbe s’est for­mé à l’airain des patiences
                     Et ma plume s’aiguise au silex de mon cœur.

                     J’ai mis à la beau­té les rides de l’expérience
                     Et fait à la jeu­nesse un bâillon rava­geur,
                     La grâce repousse déjà mes téné­breuses avances
                     Et la joie se sou­vient de ses anciennes peurs.

                     Je ne veux plus aller sur les routes où ser­pentent
                     Les tabous,  les erreurs et les contra­dic­tions,
                     Je ne veux plus pour­suivre les voies où se tendent
                     Les mains comme des malé­dic­tions.

                    Les feuilles sont pour moi des ter­rains où s’élèvent
                    Les bâtisses infer­nales de mon ins­pi­ra­tion,
                    Et quand le blé des mots se tord puis se lève
                    La mois­son de mes pages fris­sonne de contri­tion.

                    Avant que ne fuse l’éclair et que tonne ma mémoire
                    Mon esprit ouvre les vannes aux révoltes accrou­pies,
                    La mous­son de mes pleurs abreuve le pur­ga­toire
                    De ces âmes fau­chées aux délices de la vie.

                    Je porte en mon être la torche qui éclaire
                    Les recoins où s’enfoncent les mor­bides secrets,
                    Et ma voix prend le feu des étoiles incen­diaires
                    Dans la nuit poi­gnar­dée par mon chant révol­té.

                    Car là où tombe la nuit, la nuit noire de la peine,
                    Ma révolte allume les feux pourpres du jour,
                    Et là où sifflent les vents, les vents fous de la haine,
                    Ma révolte prend l’envol des sinistres vau­tours.

                     Car je suis fils de l’ombre avant d’être fils du monde,
                     Et mes vers s’abreuvent au fiel vert des vipères,
                     Je suis flamme et vol­can et mes stances vitu­pèrent,
                     En jets de laves d’encre, contre le mal immonde.
 

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