> LE VOYAGE DE BOUGAINVILLE

LE VOYAGE DE BOUGAINVILLE

Par | 2018-05-21T03:15:15+00:00 3 juillet 2014|Catégories : Blog|

 

 (Extraits de la par­tie 3 : Sciences)

 

 

.Astronomie.

 

Faisons-nous moine aux siècles noirs
Et polo­nais       un bef­froi dans les étoiles
Où tra­cer au com­pas sur des planches de buis
Les corps éta­gés déri­vant sur leurs sphères
Cent flammes incons­tantes qui enchantent l’œil
Et l’esprit déses­pèrent       croi­sant et décroi­sant
Leurs lignes aven­tu­reuses       mais une nuit
Tout s’ordonne       et le ciel jette sur l’abaque
En dépit d’Aristote et de la Septante
Un soleil immo­bile au milieu des pla­nètes
Éternel feu gré­geois entou­ré d’ombres folles
Qui tour­billonnent dans la dis­tance
Et dans la pénombre cette boule d’argile
Emportée sans but au milieu de ses sœurs
Avec ses ver­gers ses villes en spi­rale
Et sur leurs échelles       pleu­rant le ciel éta­gé
Dont nous étions le sel et la for­mule
Ces moines qui tracent d’une main mal­adroite
Le mou­ve­ment du monde       aveugle
Harmonie      où nous ne sommes plus

 

 

 

 

 

 

 

.Ingénierie.

 

Loin des cou­leurs flat­teuses       une île
Sous le pas des nuages       théâtre du nord
Où mêlé à la lande par­mi les méga­lithes
Renaître dans l’éclat de la soli­tude       l’océan
Le vent acide       conver­sant avec les mouettes
Une herbe entre les pouces       autre enfin
Que je n’ai su être       mais l’esprit sans la main
Est indi­gent       mes maîtres pétris­saient le monde
Et ma vie a pris forme sans moi
Quarante ans la main dans les chiffres
Toutes les dis­ci­plines géo­lo­gie
Mécanique hydrau­lique      des chan­tiers volants
Redessiner la terre et com­man­der aux vagues
Vaste équa­tion bouillon­nant sur les pieux
Que du bord d’un pon­ton des hommes demi-nus
Fichaient dans le sable       le pied vacillant
Sous l’ahan des béliers       oubliant d’être à moi
Propager les biens et rap­pro­cher les hommes
Valent-ils un réduit sous le vent des îles
Et la lande rousse en médi­ta­tion

 

 

 

 

 

 

 

.Archéologie.

 

Le pied glisse dans la nuit la cendre vole
Sanctuaire oublié       seule sur la paroi
Une main pourpre au milieu des cal­cites
Au petit doigt tor­du       et des pas dans l’argile
Poursuivant sous la terre une invi­sible proie
Le silence goutte       sept sources       mesu­rant
L’écoulement des siècles       si loin
Le monde       loin       le ciel étour­di où vague
À la cime des mélèzes le cli­que­tis
De l’accenteur mou­chet       huit-cents mètres
Sous les mon­tagnes flot­tantes
Un gou­let suant       cyprine de la terre
Où tâton­nant à tra­vers les âges
Un être à notre image à peine plus cour­taud
Regagne à l’aveuglette au fond du gouffre
Le lieu de sa nais­sance       aban­don­nant
Cette main puis­sante au petit doigt infirme
Et sur la voûte       titu­bant sous la torche
Une ombre mons­trueuse qui fuit devant nous
Le monde déce­vant

 

 

 

 

 

 

 

.Sociologie.

 

Ce songe insis­tant       se reti­rer
Un abri de roseaux au bord d’un étang
Frère des abeilles et des pies       à l’exemple
Des phi­lo­sophes d’autrefois vie d’ombre
Indépendante et fière un jar­din d’herbes
Et le ciel des sai­sons       entre deux lunes
Une amie en secret       longue liesse muette
Mais notre sort est autre       le désert
Peint tout à son image
Sur l’eau stag­nante un visage de faune
Les pas­sions une plainte inar­ti­cu­lée
Et le cœur ava­ri­cieux       moins homme
Que les abeilles qui dans la ruche serrent
Le miel qui conserve l’espèce       moins
Qu’au faite des fayards les pies en confé­rence
Infirme       hébé­té       une stèle gros­sière
Au nom ron­gé par les sai­sons       où à peine
Sous la lèpre sau­rait-on recon­naître
L’architecte orgueilleux qui déci­mètre au poing
Corrigeait l’univers

 

 

 

 

 

 

 

.Économie.

 

Ce lourd pro­fil au front lau­ré DIVUS
AUGUSTUS vingt deniers d’argent
Coagulés dans la cendre au pied d’un autel
Paysage d’Arcadie où court à l’aventure
Un dieu velu au sexe énorme       échap­per
Sur ses talons à l’ingrate nature poivre
Corne pilée gin­gembre on fait argent de tout
Les pièces polies par tant de mains hâtives
Que le visage arro­gant s’est dis­sous
Le vol­can a pris le reste le bouc et l’Arcadie
Et gué­ri le mal qui n’a pas de remède
Mais dans la lave où sont enfouis les ports
On a foui d’autres ports où débarquent gin­seng
Bois ban­dé même urgent désir même
Paradis pro­fane       Blue pills American
Medicine       seule a chan­gé la mon­naie
Des images frois­sées que rien ne magni­fie
Ni argent ni César ni ban­deaux de lau­riers
Pour bénir les philtres qui mieux que la nature
Nous font hommes

 

 

 

 

 

 

 

.Psychologie.

 

Ne te connais pas       qui pour­rait vivre
S’il n’était à lui-même une énigme       langue
De jeune fille et cœur d’ogre       les humeurs
Bouillonnent jour et nuit dans l’étuve des vis­cères
Les pas­sions fuient par tous les ori­fices
Larmes foutre oracles       comme du bec
D’un alam­bic       de sub­tils caba­listes
Ont cru prendre ce monstre dans leurs pentacles
La folie n’était pas fille du vent       l’amour
Des oscil­la­tions de la lune       une algèbre
Vertigineuse       5 sens 4 affec­tions 3 goûts
Classes & sous-classes       bâtis­sant aux champs
Des pha­lan­stères       nous déli­vrant du hasard
Les sexes accou­plés selon leur aiguillon
L’âme sèche avec l’humide       l’ardente
Avec la fraîche       har­mo­nie scien­ti­fique
810 carac­tères assem­blés par paires
Société bigar­rée dont acca­bler les planches
Des biblio­thèques       et repeu­pler
Les Petites-Maisons

 

X