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Les Cimmériens

Par | 2018-02-20T12:18:32+00:00 30 juin 2013|Catégories : Blog|

 

Une funeste nuit s’étend sur ces infor­tu­nés
               Homère, Odyssée, XI-19

 

 

 

 

Ces gens de l’hiver t’apostrophent

Tu viens les diver­tir                                    pour autant

ce n’est pas un soleil

 

Ils acquiescent par curio­si­té aux mots que tu leur sers

par épui­se­ment le plus sou­vent

ce n’est pas ça qui les touche

 

 

           Et quoi donc ?

           Comment, pour l’heure, pro­duire une émo­tion

           ne pas som­brer à la croi­sée du che­min

 

 

*****

 

 

Tu ne parles que mort guerre défer­le­ment d’atrocités

Sans doute c’est ton his­toire

 

Chacun couve jalou­se­ment un récit per­son­nel

la trame s’étoffe avec la res­pi­ra­tion

elle déborde le cane­vas

 

ton pays ne recèle-t-il pas des beau­tés

qui valent d’être chan­tées ?

 

 

 

*****

 

 

On dit les pay­sages des mer­veilles où les dieux baignent

dans les sen­teurs du genêt

et les filles avec des regards qui ensor­cellent

Est-ce vrai ?

 

et un rivage où les dunes viennent s’agenouiller

pour échap­per au har­cè­le­ment de l’agave et du figuier

                           Est-ce vrai aus­si ?

 

et des fruits exo­tiques ven­dus en cor­net à la sor­tie des ciné­mas

                                           N’est-ce pas vrai ?

 

 

Ce qui est vrai ne trouve-t-il pas les mots sans dif­fi­cul­tés ?

Cette véri­té qui nous la dira ?

 

 

*****

 

Merci d’être venu réci­ter des poèmes

qu’est-ce que ça coûte de remer­cier

hélas c’est trop triste

devi­ser avec nous est pour toi une épreuve/​ comme pour nous

On aime­rait des choses plus rebon­dies

nous ouvrir l’espace

 

 

*****

 

Tu as fait échouer ton bateau pour pré­pa­rer les liba­tions. Ce que tu psal­mo­dies tu ne l’as pas inven­té ni reçu par la dic­tée de quelque dieu atta­ché à tes pas. Tu t’étrangles au milieu de la réci­ta­tion. Ce n’est pas la pre­mière fois que tu fran­chis le seuil d’une pri­son mais te voi­là sous le choc comme novice sur­pris par le cla­que­ment des voiles que tord un vent de folie.

Tu es ému

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