Les jours ont des éclairs subits
La clarté attendue disparaît brutalement
Le voyage entamé en est tout ralenti
On cherche les raisons comme devant un fruit trop mûr
On devrait l’avoir déjà cueilli
Mais il est tard peut-être
On le sait le mystère est encore là
oui une fois encore
Chantez de nouvelles strophes dans l’improvisation
accueillez la mélodie de ces voix
qui percent les nuages ordinaires
Mais rien n’est ordinaire
le visage de la détresse
l’épaisseur d’un corps obscurci par les blessures
Rien ne peut dire le centre de ce mystère
Sinon que les yeux heurtés par cet écart soudainement révélé
n’ont plus grand récit à faire
Voilà que les oiseaux emportent la brume des mirages
Hormis les élans réprimés
les reflets des raisins mûrs
Ils atteignent parfois au c?ur de cela qu’on nomme
mystère
Rien qu’une goutte de notre soif
Les arcs-en-ciel dans cette lumière disparate
altèrent le goût du fruit inconnu
Seul un cristal peut dorer cette vision
Et venir encore au plus près de nos syllabes qui dessinent
les approches brûlantes
les lanciers du désir
Tout est dans cet instant fugace
L’empreinte reste auprès d’une falaise blanche
Et voici les découvertes et les nouvelles clartés
qui ressurgissent sans l’invitation du devoir
Finies les attentions maladroites
Place au mystère et à ses clairs obscurs
Finis les horizons flamboyants
Heureux sont-ils ceux-là qui voient quand ils nous illuminent
Mais leurs savoirs n’ont pas de résumés
dans les cahiers trop proprement remplis des devoirs à la maison
Que de soupirs
et la respiration se crispe
car les atours qu’on croyait présentables
restent loin de nos yeux fatigués
La fièvre est mauvaise conseillère dans l’allant et le voyage
Et l’improbable est pourtant là qui nous invite
Un au delà frémit que nous désignons de nos mots maladroits
Dans une faille inscrite aux creux de nos balbutiements
Les yeux cillent car ils devinent
La main s’égare dans l’impalpable
Et l’attente brûle encore intensément
les attributs misérables d’une quelconque hésitation
celle qui nous vrille dans la précipitation même
Et il y a un jour avant
Et il y a le jour d’après
Dans l’inquiétude et l’étonnement
Dans la stupeur et la tristesse
D’où est-ce que nous pouvons dire cet instant inconnu
le presque inaudible
et le toujours présent
dès qu’il vient
Dans les îles s’égayent les fleurs d’une révélation silencieuse
Dans les regards se reflètent les tremblements et les bruissements
Dans les îles
Les élans
Et quoi d’autre encore
Dans les îles
Le fil n’est jamais rompu
Dans les îles
Avènement du recueillement
Iris ouvert dans l’instantané
Couleur du temps précieux
Parure infinie














