> Les îles infinies

Les îles infinies

Par | 2018-02-22T08:02:33+00:00 11 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

Les jours ont des éclairs subits
La clar­té atten­due dis­pa­raît bru­ta­le­ment
Le voyage enta­mé en est tout ralen­ti
On cherche les rai­sons comme devant un fruit trop mûr
On devrait l'avoir déjà cueilli
Mais il est tard peut-être
On le sait le mys­tère est encore là
       oui une fois encore
Chantez de nou­velles strophes dans l'improvisation
       accueillez la mélo­die de ces voix
       qui percent les nuages ordi­naires

Mais rien n'est ordi­naire
       le visage de la détresse
       l'épaisseur d'un corps obs­cur­ci par les bles­sures
Rien ne peut dire le centre de ce mys­tère
Sinon que les yeux heur­tés par cet écart sou­dai­ne­ment révé­lé
       n'ont plus grand récit à faire

Voilà que les oiseaux emportent la brume des mirages
Hormis les élans répri­més
       les reflets des rai­sins mûrs
Ils atteignent par­fois au c?ur de cela qu'on nomme
   mys­tère

Rien qu'une goutte de notre soif
Les arcs-en-ciel dans cette lumière dis­pa­rate
       altèrent le goût du fruit incon­nu
Seul un cris­tal peut dorer cette vision
Et venir encore au plus près de nos syl­labes qui des­sinent
       les approches brû­lantes
       les lan­ciers du désir
Tout est dans cet ins­tant fugace
L'empreinte reste auprès d'une falaise blanche

Et voi­ci les décou­vertes et les nou­velles clar­tés
       qui res­sur­gissent sans l'invitation du devoir

Finies les atten­tions mal­adroites
Place au mys­tère et à ses clairs obs­curs
Finis les hori­zons flam­boyants
Heureux sont-ils ceux-là qui voient quand ils nous illu­minent

 

Mais leurs savoirs n'ont pas de résu­més
       dans les cahiers trop pro­pre­ment rem­plis des devoirs à la mai­son

Que de sou­pirs
       et la res­pi­ra­tion se crispe
       car les atours qu'on croyait pré­sen­tables
       res­tent loin de nos yeux fati­gués
La fièvre est mau­vaise conseillère dans l'allant et le voyage

Et l'improbable est pour­tant là qui nous invite
Un au delà fré­mit que nous dési­gnons de nos mots mal­adroits
Dans une faille ins­crite aux creux de nos bal­bu­tie­ments

Les yeux cil­lent car ils devinent
La main s'égare dans l'impalpable
Et l'attente brûle encore inten­sé­ment
       les attri­buts misé­rables d'une quel­conque hési­ta­tion
       celle qui nous vrille dans la pré­ci­pi­ta­tion même

Et il y a un jour avant
Et il y a le jour d'après
Dans l'inquiétude et l'étonnement
Dans la stu­peur et la tris­tesse

D'où est-ce que nous pou­vons dire cet ins­tant incon­nu
       le presque inau­dible
       et le tou­jours pré­sent
       dès qu'il vient

Dans les îles s'égayent les fleurs d'une révé­la­tion silen­cieuse
Dans les regards se reflètent les trem­ble­ments et les bruis­se­ments

Dans les îles
Les élans
Et quoi d'autre encore

Dans les îles
Le fil n'est jamais rom­pu

Dans les îles
Avènement du recueille­ment
Iris ouvert dans l'instantané
Couleur du temps pré­cieux
Parure infi­nie
 

Sommaires