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Les oeuvres de Max Jacob

Par | 2018-05-27T05:22:42+00:00 29 mars 2013|Catégories : Critiques|

Les édi­tions Gallimard ont fait paraitre un immense volume des œuvres de Max Jacob (1876-1944), en octobre 2012. Certains espé­raient une Pléiade, c’est un Quarto, col­lec­tion déjà riche en poètes. Le maître d’œuvre de cette réa­li­sa­tion se nomme Antonio Rodriguez, fin connais­seur de Jacob qui nous sert une intro­duc­tion riche et des notes pas­sion­nantes.

Après une pré­face sous forme de poème signée Guy Goffette, nous entrons direc­te­ment au cœur du sujet par les mots de Rodriguez, qui narre la véri­té faite légende, c'est-à-dire l’évènement mys­tique qui, en 1909, redé­fi­nit Max Jacob de fond en comble. Max avoua à ses amis avoir vu le Christ. Une appa­ri­tion. Les quo­li­bets pleuvent. Mensonges. Mystification. On l’accuse de vou­loir atti­rer à lui quelque cou­ver­ture par le jeu de l’illumination. Mais cer­tains, comme Picasso, comme Marcoussis, croient pro­fon­dé­ment que de cet acte fon­da­teur rap­por­té par Max Jacob, une œuvre est à venir.

Cette vision fon­da la vie du poète qui avait com­men­cé bien avant de pen­ser à une œuvre cohé­rente. Cette œuvre, il s’attela à la com­po­ser, en tenant compte des lignes de force qui s’érigeaient à la sur­face de son siècle. « Tensions de l’identité, de la plu­ra­li­té, la perte de la sub­stance et le doute sur l’appartenance », voi­là com­ment les défi­nit Antonio Rodriguez.

Max Jacob mar­cha vers le che­min de la conver­sion et lui, juif, devint catho­lique avant de mou­rir à Drancy. Poète, roman­cier, essayiste, conteur, ce sont essen­tiel­le­ment les édi­tions Gallimard qui pos­sé­daient les droits de Max Jacob. Mais les publi­ca­tions étaient épar­pillées et cer­tains textes étaient deve­nus indis­po­nibles. D’où cette édi­tion colos­sale redon­nant vigueur à l’entreprise inté­rieure de Max Jacob pour qui l’émotion, tel Reverdy, était maî­tresse, et la joie conte­nue dans chaque ligne, durable. Rodriguez a opé­ré un tra­vail de recherche minu­tieux, allant retrou­ver des paru­tions d’époque réser­vées aux intimes. Il aug­mente ce Quarto d’inédits, comme ces pré­cieuses Méditations sur le Chemin de Croix, datées de 1939, et qui éclairent d’une façon vigou­reuse et solide la vision théo­lo­gique du poète.

La col­lec­tion Quarto donne une place impor­tante aux docu­ments ico­no­gra­phiques concer­nant l’auteur. Rodriguez s’est adjoint les ser­vices de Patricia Sustrac, Présidente de l’Association des Amis de Max Jacob, afin d’apporter à cette édi­tion des connais­sances nou­velles sur le poète. L’ambition de ce pres­ti­gieux objet est d’asseoir la posi­tion majeure de Max Jacob dans le nou­veau siècle. Aux vues de l’éclat de son ins­pi­ra­tion, de la pro­fon­deur de sa vision et de la joie trans­mise à chaque ligne écrite, nous espé­rons que cette ambi­tion fleu­risse aux quatre vents de la terre aujourd’hui secouée.

 

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