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LES TRAVAUX… (nouveaux extraits)

Par | 2018-05-23T20:34:20+00:00 27 octobre 2016|Catégories : Blog|

 

Je me sou­viens bien de ma mort.
C’était un jour très bleu de courte bise

avec des seins gla­cés,
un jour comme on n’en fera plus jamais
où même les voi­tures se sont tues
et où per­sonne n’a pen­sé : la terre arrête, mais
c’est loin et bien loin, tout
ça.
Je ne me sou­viens plus que de ma mort,
quand je pense à ce jour,
mais je cherche tou­jours dans mes papiers,
dans mes agen­das, dans mes livres,
dans la musique qui raconte mieux que moi,
et arrê­tez de m’appeler puisque je cherche !

 

 

*

 

Que seras-tu dans quelques temps quand tu ne seras plus rien
quand tu ne seras même plus le songe, le com­bat

d’avoir cru
ni le regret de n’avoir pas vrai­ment
pu croire,
et pas seule­ment un corps don­né à la science
et pas seule­ment une manière de nour­ri­ture
pour les rats et les vers,
dont tu as hon­teu­se­ment répul­sion aujourd’hui ?
Où sera-t-il ce moi si enva­his­sant et vide,
qui aspi­rait le sable, les amis, les cailloux et les livres ?
Il devien­dra peut-être un phé­no­mène astro­phy­sique encore igno­ré,
une sorte d’ondulation dans l’espace,
un grand dia­logue pareil,
au vent des femmes simples et naïves,
quand elles passent leur cer­veau, leur matrice et le reste
au signe de la sainte et pauvre
tri­ni­té..

 

 

*

 

Faites un petit trou dans la glace.
S’il n’y a pas de glace, faites un petit trou dans le noir.

Du noir, il y en a par­tout.
Creusez par­tout.
S’il n’y a rien, creu­sez nulle part,
et si le monde conti­nue,
plom­bez les petits trous.
Cherchez ailleurs.

 

 

*

 

Je n’ai plus besoin de bon­heur.
Le bon­heur a eu lieu, ici et là,
sou­vent très loin,
mais j’ai par­fois nagé dedans.
Je n’ai plus besoin de bon­heur.
J’attends autre chose.
J’ai ran­gé mes palmes
et mon masque.
On me demande qu’attends-tu ?
J’écoute la ques­tion.
On me répète, en s’énervant tu attends quoi ?
Je regarde la terre avec la science du cha­grin.
Je n’ai plus besoin de bon­heur,
car le bon­heur, c’est autre chose.

 

 

*

 

 

Je suis un san­glier, mon copain me l’a dit,
je renifle d’ailleurs tout près de la terre
Mon copain me jette des truffes, des noix, des colères,
et je dévore avec un gros sac de
cra­pu­le­ries. C’est délec­table.
Avec mon vieux copain, je danse des tan­gos,
mais jamais sous la lune,
J’aurais trop peur du monde noir.
Je suis un san­glier,
Mon copain me l’a dit,
je l’adore, ce vieux copain.

 

 

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