comme une tra­ver­sée allant de la nuit à la nuit du jail­lisse­ment au jail­lisse­ment de part en part char­nel par­courant mon­tagnes saisons villes hommes pays en leur féminin pre­mier de sa froide émo­tion tou­jours allant tou­jours de l’autre côté d’elle-même tristesse tran­sie d’ailleurs le récon­fort est partout pas une par­celle du monde qui ne nous embrasse le temps qui passe et que l’on croit quelque chose qui n’est rien d’autre que l’instant accordé par la vie à tout instant comme une tra­ver­sée allant du jour au jour de par­fums en par­fums en musiques en couleurs con­crétisés à jamais ne nous appar­tient pas ne pas s’appartenir ne plus y tenir mourir de rien dans un dévoue­ment entier au comble de la vie au point où nous en sommes de toute éter­nité non partagée entre tout don­ner aller aus­si heureuse­ment tra­ver­sée qui fait défait et refait de toute part égal ce n’est jamais fini ni avant ni après sim­ple­ment épanoui à tout per­dre la seule dimen­sion nulle part qu’il faille à l’abandon l’entier

 

L’é­tat actuel des choses (édi­tions Al Man­ar, 2012)
 

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