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L’OBJECTIF DE JEAN-JACQUES

Par |2018-08-20T20:33:01+00:00 19 septembre 2012|Catégories : Blog|

Lorsque le strass s’éteint dont s’habillait la nuit,
que le fleuve soleil remet en mou­ve­ment
les aubes de l’action dans le mou­lin du rêve,
tu viens dans le jour neuf à pas pré­cau­tion­neux
rele­ver l’inscription des noc­turnes dépôts
que la vague a ver­sés à la banque des plages.

Toutes les tran­sac­tions, par flux et par reflux,
eurent lieu dans le temps de ton som­meil léger,
ô médi­tant qui vas cher­chant la clef de l’être –
quête insen­sée où s’outrepasse le sen­sible – :
est-elle en l’infini d’extrême peti­tesse
ou déte­nue par le cos­mique illi­mi­té ?

Or te voi­ci pen­ché sur l’abyme du sable
cap­tu­rant en pixels ses quartz et ses micas.
Le Hasard – un des noms du désordre quan­tique
lorsqu’une onde est en grain de matière chan­gée –
sur l’humide tableau fait glis­ser des images,
créa­tion effa­cée peu après l’arrivage.

Dans la mobi­li­té de leur des­sins friables
contemple les essais de formes innom­brables
que la Nature fait confir­mant Empédocle :
« De l’Un sort le Multiple et du Multiple l’Un ».
Nous fûmes ce pois­son que la mer a pétri
Suivant le gaba­rit de l’ancêtre archaïque.

C’est un nuage aus­si d’errantes par­ti­cules
qui se décline en chro­ma­tismes incer­tains.
Je te loue de vou­loir fixer le tran­si­toire,
par de l’instantané ins­tau­rer le durable,
détour­nant à La Pointe Rouge sur sa rive
le res­sac du cli­ché de la vie fugi­tive.

 

A Jean Jacques Molinengo,
pour ses images

 

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