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Lumière du silence de Jean Poncet

Par |2018-08-17T11:46:26+00:00 8 décembre 2013|Catégories : Blog|

Ce que tu cherches est dans la vague

Jean Poncet

 

La beau­té du titre de cet ouvrage dit beau­coup au sujet de ce qu’est, en pro­fon­deur, la poé­sie : Lumière du silence. Homme du Sud, des rives de la Méditerranée, le poète Jean Poncet est aus­si lin­guiste, et ain­si – d’une cer­taine manière – archi­tecte. C’est pour­quoi ses mots disent la force et la sagesse du silence, forme de lumière que l’on peine à vivre par­fois. Dans le monde visible en tout cas.
Jean Poncet nous est par ailleurs connu comme pas­seur, et cela est d’importance tant il n’est ni poé­sie ni poètes sans véri­table géné­ro­si­té, celle de qui s’ouvre à celui qui est autre. Passeur, au sein des revues Sud, Autre Sud, puis Phoenix ; pas­seur, aus­si, de la poé­sie rou­maine contem­po­raine, en par­ti­cu­lier de Lucian Blaga, avec lequel cer­tains poèmes de Lumière du silence entrent en dia­logue. Le passeur/​poète est ancré dans l’embrasure des terres qu’il arpente : Marseille, la Méditerranée, Conques, Sénanque… Conques… L’expérience, pour qui le sait, de Conques est, à l’image de celle de Vézelay, retour­ne­ment du gant de la vision que l’on porte sur le réel de ce monde. La poé­sie est ici celle du cherchant/​voyageur :

et lorsque tu revien­dras
– si tu reviens –
tu ne te retrou­ve­ras pas
car tu seras

toi

Là naissent les har­mo­nies d’un « chant » per­son­nel du monde, chant poé­tique en concor­dance avec le chant du Poème. C’est aus­si pour­quoi dans les mots du poète la mer et les étoiles s’entremêlent :

sous l’agonie du sable
la mer

et les étoiles
dans l’eau du regard

C’est un fait, que nous vivons sous une voûte étoi­lée, lumi­neuse en son silence, ain­si que des pierres :

là-haut

la pierre t’abreuve
la pierre te nour­rit
la pierre t’abrite

toi sous le ciel
immé­diat

Et, de cette vie, le mys­tère est bien trop évident en son absur­di­té pour que nous osions le regar­der en face :

en véri­té

de cet uni­vers pul­sant
sous le bruis­se­ment des étoiles

je te dis le plus obs­cur mys­tère

la mort englou­tit même les amou­reux 

 

 

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