> Lydia Padellec, La mésange sans tête

Lydia Padellec, La mésange sans tête

Par |2018-08-21T06:41:06+00:00 14 juillet 2014|Catégories : Critiques|

Que sommes-nous, alors qu’au ciel s’effeuillent les nuages, pen­dant que la mer immense emporte notre trace, aus­si iné­luc­table qu’un métro­nome ? Que voyons-nous la nuit sur un bord de fenêtre ? Ce sont des ques­tions aus­si vastes qu’éternelles qui tra­versent La mésange sans tête, recueil de Lydia Padellec, dont La mai­son mor­ce­lée nous avait aus­si beau­coup tou­chés lors de sa paru­tion en 2011.

La mésange sans tête est dédié à la grand-mère, figure cen­trale de La mai­son mor­ce­lée, tis­sant ain­si un lien qui che­mine à tra­vers la poé­sie de Lydia Padellec et qu’éclaire pour nous l’incipit d’Anna Akhmatova : Pas un poète n’a encore dit /​ Que la sagesse n’existe pas /​ Que la vieillesse n’existe pas /​ Que la mort, peut-être n’existe pas.

Le recueil s’ouvre sur une pré­sence à la fois sen­sible et fra­gile aux choses et au monde, comme regard d’oiseau, à la fois contem­pla­tif et humble, face aux forces qui régissent l’univers.  Suit l’envol, ivresse des hori­zons marins où il se perd, là où brise et  fra­cas des vagues sur les rochers assour­dissent et affolent.  Temps et iden­ti­té se diluent, balayés par une puis­sance océane des­truc­trice, mais aus­si source de fas­ci­na­tion à l’œil qui plonge très loin dans un pas­sé qui le dépasse : Je ne me sou­viens plus /​ de l’empreinte des doigts /​ dans le sable pré­his­to­rique /​ de l’enfant sans tronc.  L’enclos du jar­din offre le refuge où émergent les sou­ve­nirs, sen­sa­tions fon­da­trices, images recom­po­sées où retrou­ver ce qui s’était dis­per­sé dans l’errance d’une bous­sole éga­rée. Elles sont autant d’échos d’enfance et de décou­vertes.

Lydia Padellec écrit en touches fines et légères.  Ces courts poèmes cernent avec grâce et déli­ca­tesse un rêve d’apesanteur qu’elle épelle pour nous en balan­çoires, marelles et saut de mésanges.

 

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