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MAISON

Par |2018-10-20T12:52:06+00:00 27 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

150-

La mai­son éprouve à nou­veau les eaux et le soleil. Arrière-petite fille de celle de Thoreau, elle se tient près de la clai­rière

Et du ruis­seau. Sur la table, un cou­teau, une assiette ; la lumière se glisse entre la fenêtre entrou­verte.

 

Une voix dans le cou­loir ; le pay­sage s’avance pour boire un verre d’eau qui lui rap­pelle un puits.

Des épingles à linge entre deux arbres cen­te­naires ; en-des­sous la neige entre les brins d’herbe.

 

151-

Au-sor­ti de la mai­son, le monde parle, parle toutes les langues à moi qui n’en parle aucune.

Au bord du che­min, une citerne oubliée récite un vers, avec des yeux noirs qui sou­tiennent la brume de l’hiver.

 

Journée grise de jan­vier. Un feu de bois et sa traîne s’allonge et s’attarde, comme une der­nière voile avant que l’océan l’engloutisse.

Les feux d’une voi­ture sur­gissent. Ils s’approchent d’un feu qui brille. Redis : le cam­pe­ment est pro­vi­soire, le fil se bri­se­ra.

 

 

111-

Nul besoin de gîte ! J’appartiens au fleuve, aux reflets de nuages, à la vie sur les berges qui résonne entre les mon­tagnes.

Ma mémoire est dis­per­sée. Je laisse aux arbres et aux oiseaux le soin d’écrire ce qui ne s’écrit pas.

 

 

 

Inédit, extrait de "Par-des­sus l'épaule de Blaise Pascal"

Titre pro­vi­soire

MAISON

Par |2018-10-20T12:52:06+00:00 24 novembre 2012|Catégories : Blog|

 

J’ai vécu au bord de la ville
comme un lam­pa­daire dont per­sonne
ne change les ampoules.
Les toiles d’araignées main­te­naient les murs
et la sueur seule nos paumes jointes.
Dans les recoins des pierres mal rabou­tées,
je cachais mon ours en peluche
pour le sau­ver des mau­vais rêves.

Nuit et jour, je ravi­vais le seuil,
y retour­nant comme une abeille
qui revient sans cesse à la fleur d’avant.
La paix régnait quand j’ai quit­té la mai­son :

la pomme mor­due n’avait pas noir­ci et sur l’enveloppe
de la lettre il y avait encore le timbre d’une vieille demeure aban­don­née.

Depuis que je suis né, les espaces calmes m’attirent
et le vide, tou­jours, colle sous mes pas
comme une neige qui ne sait pas
si elle appar­tient à la terre ou au ciel.

 

                       Traduit par Vladimir Claude Fisera

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