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MEMOIRE DEROBEE

Par | 2018-02-24T12:59:41+00:00 27 avril 2013|Catégories : Blog|

 

1

 

Tu remontes de ce puits
De ténèbres un peu de lumière

Comme une eau lus­trée
Par tes mains qui recueillent

A la fraî­cheur même de la source
Le reflet incan­des­cent du ciel

L’éclat du jour repousse vers la mer
L’ombre oblique des cyprès

Tu recherches d’un pas mesu­ré
Un nou­veau rivage d’exil

Pour amar­rer ta barque que le temps
A construit avec tes mots

 

2

Vaincre
La soli­tude
De l’eau et des pierres

Par la secrète har­mo­nie
Des nuages
Et du ciel

Triompher
Du vide obs­cur
De la nuit

Par un trop plein
De gestes
Et de mots

Accueillir
Le lourd som­meil
Des ombres et des rêves

Pour accroître à l’infini
Les cercles étroits
Du silence

 

3

 

Terre d’oliviers pen­sifs
Et de chats apeu­rés glis­sant
Comme des ombres le long des murs
Blanchis par l’écume d’une mer
Presque invi­sible qui heurte
De plein fouet le rivage

Terre de pierres sèches
Et de che­mins aveu­glés
Par la lumière sourde des vagues
Qui se dressent vers le ciel
Et écla­boussent à grandes gerbes de cou­leurs
Le silence des seuils et des ter­rasses

Terre d’anges fri­voles
Et de poètes ver­sa­tiles
Que le temps glo­ri­fie chaque jour
Dans la mémoire votive des récits
Et des chants qui célèbrent encore
Ce qui envoûte la nuit de tes songes

 

4

 

Marche à l’aveugle
Dans la nuit du lan­gage

Tâtonnant avec tes mots
Comme s’ils étaient des mains

Touche l’ombre d’une voix
Pour qu’elle devienne une pierre

Sur laquelle tu pour­ras t’asseoir
Le front appuyé contre le ciel

Immobile et repu d’espace
Prisonnier du som­meil des étoiles

 

5

 

Eperonne les noirs che­vaux de l’orage
Que ta main ou ton regard
Dessine d’un trait sur la paroi du ciel

Avec quelques taches de cou­leurs
Et d’obliques aplats de lumière
Pour par­faire le plus pur silence de la terre

Escorte les cimes qui partent à l’assaut des vagues
Que le vent décuple et rabat vers le rivage
De ton futur exil par­mi les cendres de ton nom

Combats de ton souffle les ténèbres errantes
De ces nuits qui n’auront d’autre sable à t’offrir
Que celui du temps gre­nu s’écoulant entre tes mots