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Mers intérieures et autres poèmes

Par |2018-08-16T08:48:47+00:00 29 octobre 2016|Catégories : Blog|

A Johnny Pierre

 

MERS INTERIEURES

 

Sans facé­tie en écharpe de nuit

Les yeux d’encrier des chats

Ont pié­gé la lune de ma chambre nubile

Ancrée d’épaisseur

Et se sont mis entre paren­thèse blanche

Et le temps et l’espace

Les pages en marge de folie sublime.

 

Il est temps d’en crier

Aux mots nus-biles

Et d’en créer des épée-sœurs

Car de ma chambre de faux-lits

Les yeux des chats ont l’arrogance

Des voix larges

Et ont l’âge des pierres taillées

(Silex de mes mers inté­rieures)

 

 

*

 

 

AINSI SOIT-IL

 

Du sang sur

les murs

Ma ville en écar­tè­le­ment

De cen­sure

de mots

Je recrée le poème

De la nuit

En mal de méta­phore

Dans l’avalanche d’yeux

Imbibés de tsu­na­mi

 

Quelquefois

De plein-pieds

Faut-il enfin que

Naissent de nou­veaux soleils

Pour les­si­vage d’une sai­son

trop froide

 

Effacement !

 

*

 

 

 

 

A Louissaint Alliance Alexandra

 

 

A HAUTE PORTEE

 

Au pays petit navire sans voile

S’illuminant rebelle sur la mer caraïbe

Où les marins sans cieux se moquent du vent

Et se cachent à l’autre face de la mer

De l’horizon aux yeux verts

Et se réfu­gient au bout des ongles du temps.

 

L’image d’une sai­son qui se meurt

A la douce beau­té amère de l’ile

Se recro­que­villant dans ma mémoire

Au néo­cor­tex fabu­leux

Et le nerf orbi­to­fron­tal

S’étire aux farces des sou­ve­nirs

L’ile est belle dans sa beau­té marâtre

A haute por­tée d’ombre.

 

 

*

 

 

A Marie Lydie Lavertu

 

DIS-MOI MON AMOUR

 

Epais

J’ai dans le cœur des mots

Epars

Qui désap­prennent la ten­dre­té

Simple de l’alphabet

Epées

sont-ils dans cette arène,

Cette froi­deur piteuse de l’encre

 

 

Mais dis-moi mon amour

La tra­cée d’emprunt pour résis­ter à ce poème

Dialectique nord/​sud

Et qui…

Dit dans l’œuf monde étouf­fé

A cette heure deve­nu paume de la main

 

Comment à l’envers d’un temps résis­ter

Pour à ton cou créer fleurs

Et dis-moi com­ment te créer étoiles

Autour des che­veux

Pour à l’acte du poème résis­ter

Dont les mots me prennent par la gorge

Epars

 

Il fait étran­gle­ment le poème

Sur la face cachée

D’un monde corde au cou

Pourtant fou je t’aime mon amour

Mais le corps comme la tête

Sans cla­meur aucune

Pénètre dans les bas-fonds.

 

 

*

 

 

J’ai seul la clé de cette parade sau­vage

Arthur Rimbaud

 

LE CHOC

 

Dérober les pro­fon­deurs

Du poème

En émeute de soleil fatal

 

Sous les vagues de la nuit

Le choc éclipse le tam-tam

Au défi du vide relief

 

Car l’épine écorche la peau

De nos ombres dis­si­pées

Dans le flam­beau

Des étangs som­nam­bules.

 

 

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