> Michael Edwards, “Paris Aubaine”

Michael Edwards, “Paris Aubaine”

Par |2018-10-20T17:07:55+00:00 24 février 2013|Catégories : Critiques|

Michael Edwards est né en Angleterre en 1938. Mi février 2013, il a été élu membre de l’Académie Française.

Professeur au Collège de France (chaire de poé­tique), il a déve­lop­pé une œuvre s’ouvrant sur des formes diverses : poé­sie, bien sûr, phi­lo­so­phie, lit­té­ra­ture, musique, théo­lo­gie… Nombre de ses livres sont dis­po­nibles en France, aux édi­tions Gallimard, Fayard, Caractères, Arfuyen… Dans Paris Aubaine, Edwards rend un vibrant et tou­chant hom­mage à la poé­tique d’une ville qu’il aime – cela se sent dans les mots mêmes du recueil. Une cen­taine de poèmes où la beau­té res­pire : beau­té des rues, de l’architecture, de l’histoire et des légendes de Paris, de la Seine. Des femmes, aux sil­houettes et aux courbes omni­pré­sentes. Dans les mots du poète, la « pari­sienne » semble tou­jours for­te­ment pré­sente dans les rues de Paris. Elle a par­fois le visage de « filles de peine au corps polis­son ». D’autres fois, ce sont jambes fur­tives.

Le poète traque aus­si les ombres de la beau­té artis­tique, ren­con­trant ici et là Mozart, Villon ou Hamlet. Pourtant, Paris, dans son regard, est sou­vent la ville de Villon, que l’on croi­se­ra dans le métro, et de la tour Saint Jacques, Paris ville de l’alchimie à l’architecture dis­crète remar­quable. Cela sous entend aus­si pré­sence du diable. Car le diable est pari­sien. Il faut n’avoir jamais vécu à Paris pour l’ignorer. La poé­sie de Michael Edwards pour­rait sem­bler légère à un œil mal aver­ti. On se dira que ce serait une erreur de pers­pec­tive en lisant ceci :

 

Paris Lunaire.

1.

 

Le jour de lune
glisse sur le livre
ouvert de Paris
et voile les repères
de l’autre vie.

La lune a ses rai­sons
que la peur com­prend
errant sous le soleil
dans le sang malade
par­mi les fan­tômes
des êtres d’autrefois.

Le cri sur la face
blême d’abandon
touche l’oreille
avec tant de dou­ceur
au cœur de la peine. 

Nous baigne lon­gue­ment
la lumière noc­turne
lavant nos che­veux
nos âmes et nos pieds.

Le jour de lune
glisse sur le livre
inac­com­pli.

 

Beau isn’t it ?

 

Michael Edwards, Paris Aubaine, édi­tions Corlevour, 2012, 170 pages, 18 euros

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