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Mots lovés dans l’eau immobile

Par |2018-08-15T01:33:27+00:00 24 mars 2014|Catégories : Blog|

 

 

Mots lovés dans l’eau immo­bile des bouches et déjà sous le souffle des hautes contrées, beaux mots tom­bés comme des sol­dats dans le fos­sé pour des gestes déri­soires ; il y a suf­fi­sam­ment d’espace pour le souffle qui nous manque ; on res­pire ce qu’il faut pour atti­ser le feu qui chauffe le sang néces­saire à la nais­sance et à la mort de toute parole.

Ecrire, effa­cer : on n’apprend rien à la nature ins­crite dans la chro­no­lo­gie du temps.
Tout s’arrête dans la majes­té d’un soir d’été qu’épouse la len­teur sou­ve­raine des mots pro­non­cés.
Attentifs à toute lueur, à l’incertitude d’une étoile morte, une fra­grance nous ouvre la joaille­rie du temps.
Nous vou­lons pro­lon­ger la veille, reprendre du ter­rain à la mort, retar­der la lévi­ta­tion des corps, ins­tants de sable ou d’écume, mou­ve­ment abou­ti de la mer sur nos rives. 

 

 

Extraits de «  Le chant tra­ver­sé » La Bartavelle 2001

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