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Murmures pour Hugo de M. Rouanet

Par | 2018-02-21T14:05:17+00:00 6 août 2013|Catégories : Critiques|

La langue occi­tane, l’amour du style, le Languedoc, la pein­ture sont autant de pas­se­relles entre marie Rouanet et le peintre Jean Hugo (1894-1984) qu’elle fait revivre à tra­vers l’évocation de son œuvre et des épi­sodes de sa tra­ver­sée du siècle. Une conver­sa­tion toute en « mur­mures ».

Arrière-petit-fils de Victor Hugo, le peintre Jean Hugo (1894-1984), éga­le­ment déco­ra­teur de théâtre et créa­teur de cos­tumes, a tra­vaillé à Paris avec les artistes de son temps et eu pour ami Georges Auric, Max Jacob, Picasso, Éluard, Satie, Cendrars, Poulenc, Radiguet,  Louise de Vilmorin, Jacques Maritain, etc. et sou­vent des êtres qui semblent lui être oppo­sés comme le mon­dain Cocteau. Embrassant la foi catho­lique, il s’installa  dans le mas fami­lial de Fourques, près de Lunel, dans l’Hérault, où il conti­nua de peindre et de rece­voir ses amis en renouant avec le monde pay­san et la Provence.

Son fils Charles Hugo, qui habite près de chez Marie Rouanet, pos­sède de nom­breux docu­ments inédits qu’il a mon­trés à cette der­nière. Marie avait lu ses mémoires dont elle a aimé le style et a eu accès aux manus­crits, mille pages écrites à la plume d’oie. C’est en s’immergeant dans l’univers, la vie inté­rieure et les mots du peintre qu’elle a enta­mé ce dia­logue inti­miste par delà la mort, en tutoyant celui qu’elle n’a pas ren­con­tré mais aper­çu en 1981, à Montpellier, au théâtre où l’on repre­nait le « Daphnis et Alcimadure » dont il signait décors et cos­tumes.

Une conver­sa­tion en dou­ceur et « mur­mures », où trans­pa­rait son affec­tion et son admi­ra­tion, mais aus­si par­fois son aga­ce­ment (devant l’aspect dolo­riste de son mys­ti­cisme, par exemple. Une conver­sa­tion qui tra­verse, en évo­ca­tions douces et amu­sées, les thèmes de l’œuvre et de la vie du peintre, la guerre, la décou­verte de la mort, la foi, la langue occi­tane, la vie cam­pa­gnarde, le retrait du monde, etc. comme de ses tech­niques, du vitrail aux minia­tures. Une conver­sa­tion qui, en même temps qu’elle fait vivre le sou­ve­nir d’un peintre dis­cret à tra­vers « une émo­tion sans dou­leur », reprend et donne chair à ses propres inter­ro­ga­tions sur la beau­té du monde et le mys­tère de vivre. 

Ce texte a d'abord paru sur le site de la revue Texture, diri­gée par Michel Baglin :

http://​revue​-tex​ture​.fr/

 

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